Croire
en une espèce de « Bruxowallonie », réduite à un îlot
dont les flancs seraient battus par vents et marées PSiennes,
revient à croire que l’on peut résister aux menaces
d’engloutissement lorsqu’on se retrouve à trois ou quatre
millions juchés sur un esquif qui prend l’eau de toutes parts. La
consultation citoyenne fait peur à nos gouvernants, et pour cause,
ils tiennent à leurs mirobolantes prérogatives. Ils ont toutefois
tort de croire que leur assujettissement à la Flandre garantira la
survie de ce pays. Une Flandre qui s'affranchit, hautaine, intransigeante vis-à-vis de son
objectif déclaré : parvenir tôt ou tard à l’indépendance.
C'est dit clairement au nord mais pas compris au sud !
Ce
projet est pourtant entamé depuis des décennies et se trouve, par
essence, incompatible avec l’esprit d’une nation qui aime à se
prétendre telle, à se vouloir unie. Unie à quoi ? A son
électorat de prédilection ? A une monarchie qui n'est vraiment
plus de mise ? A une pauvreté croissante de sa population
francophone ? (14%...pour l'intant) Aux cumuls et salaires
révoltant de nos édiles ? A une pression fiscale parmi les
plus hautes d'Europe ?
S'il
est flagrant que l'union d'une Belgique valétudinaire relève du plus haut comique,
elle demeure un pays de cocagne à condition d'y pratiquer une
certaine politique peu en rapport avec les soucis premiers des
citoyens. Pour les cumulards, mieux vaut qu'un pauvre reste un
pauvre. Ainsi peut-on anticiper du potentiel de votants assistés et
dévolus aux partis les plus soucieux...de leur propre avenir.
Quoi
d'étonnant à ce que le nord du pays n'hésite plus à se
désolidariser du sud ? La créativité n'est pas la vertu
première de nos politiciens, dont beaucoup devraient être mis au
rebut. Sachons cependant que cette clique – qui devrait être au
service des citoyens et non l'inverse, sait pouvoir encore (hélas) considérer
celui-ci comme des votants potentiels pour ses couleurs
« traditionnelles ». Ainsi ne voit-on pas des victimes
qui finissent par aimer leurs bourreaux ? Question de tradition,
aussi, sans doute.
Il
faut le répéter encore et toujours aux malentendants : la
Flandre se considère d’ores et déjà comme une nation !
Autrement dit, « l'invincible unité » ne peut plus que prêter
à rire.
Un
adage bien connu ne prétend-il pas, avec une justesse certaine, que
« qui se ressemble s’assemble » ? Vrai, il est des
incompatibilités invivables. S’il y avait une quelconque fierté à se prétendre doté d'une identité, ce ne serait certainement pas celle qui consiste à être
belge ou malgache,
ni même mais celle d’adhérer (et non appartenir) à un État.
N'oublions
jamais que nous naissons par le plus grand des hasards, là où nos
mères nous mettent au monde. A ce moment précis, rien de ce qui
nous entoure, de la langue, de la culture, de la religion n'agit
automatiquement, systématiquement en tant que facteur d'identité.
Ce n'est qu'au fil de la croissance et des conditionnements que tout
s'installe. Puis le sentiment d'appartenance se fait fort d'imposer
ses principes, comme ses tares, et d'agiter son petit drapeau et ses
conviction religieuses conditionnées dès le berceau, comme si elles
étaient nés avec nous, en
nous alors que rien
n'est plus illusoire.
Le
lieu, l'époque de notre naissance sont totalement indépendants de
notre volonté. Durant des années d'immaturité nous ne pouvons
faire des choix personnels, sensés, à partir d'une mûre réflexion
afin de nous permettre d'opter pour de nouveaux horizons en fonction
de nos aspirations. De part notre innocence première – mais vite
manipulée, ce ne peut en rien être un sacrilège, une trahison (!)
que se détourner d'une terre, d'un « berceau » dans
lequel nous ne nous reconnaissons pas ou plus.
Il
est légitime, en tant que citoyen du monde que nous sommes tous par
essence à notre première minute d'existence, de se dire que mieux vaut un pays que l'on se choisit plutôt
qu'un pays que l'on doit subir, que ce soit par habitude, par conformisme ou par
peur. Nous pouvons être de tous les pays ou d'un seul, de celui de
notre naissance ou de celui que nous devons avoir la liberté, le droit de
choisir, par affinités culturelles, linguistiques, politiques,
philosophiques et sociales.
C'est
pour cette raison trop occultée (mais qui y songe vraiment ?) que les palabres qui gravitent autour de l'identité
demeurent pénibles et frisent la plupart du temps le ridicule.
Pour
en revenir à la Belgique et ses conflits internes relatifs au
sentiment flamand ou wallon, un pays qui se prétend
démocratique se doit de lutter contre toute forme de dictature,
contre toute censure de la presse, toute xénophobie, nationalisme,
repli identitaire ou dogmatisme politique. La Belgique si chère (et
chère, elle l’est à plus d’un titre !) aux nostalgiques
est aux antipodes de l'unité, et s'y maintient à mesure que
certains « facilitateurs » palabrent en vain et à n’en
plus finir ; à mesure que chutent les gouvernements
successifs ; à mesure que le pays se fissure sous le coup de
gestions incohérentes et énergivores.
Car
il ne s'agit pas seulement d'un problème d'identité (déjà considérable) : il y a les
budgets qui
divisent, les attitudes politiques qui fâchent. Et ce n'est pas
autrement
que deux morceaux de pays perdus ne feront jamais un sauvé.
Jadis,
nous avons été isolés de la France trop vite. Avec pour
conséquence d'oublier promptement notre culture française,
l’origine latine des wallons dont il n’y a pas de quoi rougir.
Une Wallonie appauvrie par un mauvais socialisme assure à ce dernier
un électorat facile. Dans son sillage on retrouve immanquablement
les CDH et Ecolo, dont les initiatives sont rarement heureuses. Cette
Belgique-là ne peut que sombrer, que ce soit 175 ans après sa
naissance ou un peu plus tard.
Plus
censément, nous devrions considérer qu’elle a été une houleuse
étape transitoire et, plutôt que de hurler au drame, songeons au
contraire que c’est faire honneur à ceux et celles qui naguère se
sont engagés politiquement pour une Wallonie crédible, à laquelle
nous devons désormais offrir autre chose qu'un marasme renouvelé au
fil du temps.
Tout a été dit pour nous faire comprendre que l’union
belge est un leurre, une union véritablement contre nature. Il n'est point de jour qui ne nous le confirme. Le pouvoir en place, lui,
fait tout ce qui lui convient pour institutionnaliser une mauvaise
foi qui fait ses beaux jours. Tant que cela dure car, rien n'est constant si ce n'est le changement. Aussi ne perdons pas espoir d'un retour en un état francophile, respectable et respecté, au sein de frontières débarrassées (excepté durant les vacances, hélas) de certains indésirables nordiques qui aiment à se considérer un peu partout comme en terre conquise.
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