mardi 17 janvier 2012

Une mauvaise union n'a jamais fait la force

Croire en une espèce de « Bruxowallonie », réduite à un îlot dont les flancs seraient battus par vents et marées PSiennes, revient à croire que l’on peut résister aux menaces d’engloutissement lorsqu’on se retrouve à trois ou quatre millions juchés sur un esquif qui prend l’eau de toutes parts. La consultation citoyenne fait peur à nos gouvernants, et pour cause, ils tiennent à leurs mirobolantes prérogatives. Ils ont toutefois tort de croire que leur assujettissement à la Flandre garantira la survie de ce pays. Une Flandre qui s'affranchit, hautaine, intransigeante vis-à-vis de son objectif déclaré : parvenir tôt ou tard à l’indépendance. C'est dit clairement au nord mais pas compris au sud !
 
Ce projet est pourtant entamé depuis des décennies et se trouve, par essence, incompatible avec l’esprit d’une nation qui aime à se prétendre telle, à se vouloir unie. Unie à quoi ? A son électorat de prédilection ? A une monarchie qui n'est vraiment plus de mise ? A une pauvreté croissante de sa population francophone ? (14%...pour l'intant) Aux cumuls et salaires révoltant de nos édiles ? A une pression fiscale parmi les plus hautes d'Europe ? 
 
S'il est flagrant que l'union d'une Belgique valétudinaire relève du plus haut comique, elle demeure un pays de cocagne à condition d'y pratiquer une certaine politique peu en rapport avec les soucis premiers des citoyens. Pour les cumulards, mieux vaut qu'un pauvre reste un pauvre. Ainsi peut-on anticiper du potentiel de votants assistés et dévolus aux partis les plus soucieux...de leur propre avenir.
Quoi d'étonnant à ce que le nord du pays n'hésite plus à se désolidariser du sud ? La créativité n'est pas la vertu première de nos politiciens, dont beaucoup devraient être mis au rebut. Sachons cependant que cette clique – qui devrait être au service des citoyens et non l'inverse, sait pouvoir encore (hélas) considérer celui-ci comme des votants potentiels pour ses couleurs « traditionnelles ». Ainsi ne voit-on pas des victimes qui finissent par aimer leurs bourreaux ? Question de tradition, aussi, sans doute. 
 
Il faut le répéter encore et toujours aux malentendants : la Flandre se considère d’ores et déjà comme une nation ! Autrement dit, « l'invincible unité » ne peut plus que prêter à rire. 
 
Un adage bien connu ne prétend-il pas, avec une justesse certaine, que « qui se ressemble s’assemble » ? Vrai, il est des incompatibilités invivables. S’il y avait une quelconque fierté à se prétendre doté d'une identité, ce ne serait certainement pas celle qui consiste à être belge ou malgache, ni même mais celle d’adhérer (et non appartenir) à un État. 
 
N'oublions jamais que nous naissons par le plus grand des hasards, là où nos mères nous mettent au monde. A ce moment précis, rien de ce qui nous entoure, de la langue, de la culture, de la religion n'agit automatiquement, systématiquement en tant que facteur d'identité. Ce n'est qu'au fil de la croissance et des conditionnements que tout s'installe. Puis le sentiment d'appartenance se fait fort d'imposer ses principes, comme ses tares, et d'agiter son petit drapeau et ses conviction religieuses conditionnées dès le berceau, comme si elles étaient nés avec nous, en nous alors que rien n'est plus illusoire.
Le lieu, l'époque de notre naissance sont totalement indépendants de notre volonté. Durant des années d'immaturité nous ne pouvons faire des choix personnels, sensés, à partir d'une mûre réflexion afin de nous permettre d'opter pour de nouveaux horizons en fonction de nos aspirations. De part notre innocence première – mais vite manipulée, ce ne peut en rien être un sacrilège, une trahison (!) que se détourner d'une terre, d'un « berceau » dans lequel nous ne nous reconnaissons pas ou plus.
Il est légitime, en tant que citoyen du monde que nous sommes tous par essence à notre première minute d'existence, de se dire que mieux vaut un pays que l'on se choisit plutôt qu'un pays que l'on doit subir, que ce soit par habitude, par conformisme ou par peur. Nous pouvons être de tous les pays ou d'un seul, de celui de notre naissance ou de celui que nous devons avoir la liberté, le droit de choisir, par affinités culturelles, linguistiques, politiques, philosophiques et sociales.
C'est pour cette raison trop occultée (mais qui y songe vraiment ?) que les palabres qui gravitent autour de l'identité demeurent pénibles et frisent la plupart du temps le ridicule.
Pour en revenir à la Belgique et ses conflits internes relatifs au sentiment flamand ou wallon, un pays qui se prétend démocratique se doit de lutter contre toute forme de dictature, contre toute censure de la presse, toute xénophobie, nationalisme, repli identitaire ou dogmatisme politique. La Belgique si chère (et chère, elle l’est à plus d’un titre !) aux nostalgiques est aux antipodes de l'unité, et s'y maintient à mesure que certains « facilitateurs » palabrent en vain et à n’en plus finir ; à mesure que chutent les gouvernements successifs ; à mesure que le pays se fissure sous le coup de gestions incohérentes et énergivores.
Car il ne s'agit pas seulement d'un problème d'identité (déjà considérable) : il y a les
budgets qui divisent, les attitudes politiques qui fâchent. Et ce n'est pas autrement 
que deux morceaux de pays perdus ne feront jamais un sauvé.
Jadis, nous avons été isolés de la France trop vite. Avec pour conséquence d'oublier promptement notre culture française, l’origine latine des wallons dont il n’y a pas de quoi rougir. Une Wallonie appauvrie par un mauvais socialisme assure à ce dernier un électorat facile. Dans son sillage on retrouve immanquablement les CDH et Ecolo, dont les initiatives sont rarement heureuses. Cette Belgique-là ne peut que sombrer, que ce soit 175 ans après sa naissance ou un peu plus tard. 
 
Plus censément, nous devrions considérer qu’elle a été une houleuse étape transitoire et, plutôt que de hurler au drame, songeons au contraire que c’est faire honneur à ceux et celles qui naguère se sont engagés politiquement pour une Wallonie crédible, à laquelle nous devons désormais offrir autre chose qu'un marasme renouvelé au fil du temps. 
Tout a été dit pour nous faire comprendre que l’union belge est un leurre, une union véritablement contre nature. Il n'est point de jour qui ne nous le confirme. Le pouvoir en place, lui, fait tout ce qui lui convient pour institutionnaliser une mauvaise foi qui fait ses beaux jours. Tant que cela dure car, rien n'est constant si ce n'est le changement. Aussi ne perdons pas espoir d'un retour en un état francophile, respectable et respecté, au sein de frontières débarrassées (excepté durant les vacances, hélas) de certains indésirables nordiques qui aiment à se considérer un peu partout comme en terre conquise. 
 

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