lundi 23 janvier 2012

Belgique-Titanic story



N'en déplaise aux prometteurs de beaux jours, notre démocratie donne des signes inquiétants de faiblesse, due à certaines fièvres politiques à répétition. 

Ce phénomène implique que nous, citoyens qui nous sentons concernés par cet état de santé, réagissions de la manière la plus constructive et la plus pacifique qui soit possible.

Ce qu'il adviendra du sort de la Wallonie dans les années à venir dépendra de nos choix d'aujourd'hui. Parce qu'il est devenu nécessaire de choisir d'entendre d'autre voix que celles qui nous apaisent avec de simples images rhétoriques, qui nous endorment, nous mentent. 

Car si ce n'était pas le cas, la réalité serait tout autre.

Nombreuses sont les personnalités politiques qui se préoccupent de plus en plus ouvertement de nous faire comprendre que nous ne devons pas craindre de refuser le chant des sirènes, celles qui se lamentent et nous maintiennent dans la fatalité, dans la pauvreté, dans le désert économique, surtout pour conserver le pouvoir que nous leur donnons trop naïvement.

Aux « solutions » imposées par une particratie qui n'a rien à faire en démocratie, nous devons admettre, en relisant l'histoire non expurgée d'une certaine Belgique, que ce pays a très probablement été une erreur dès le départ et que le temps est venu de passer à autre chose.

Aujourd'hui, il est flagrant que notre démocratie est piétinée par certains partis  qui monopolisent l'accès aux médias et parviennent ainsi à leurrer une bonne part de la population qui craint le changement. Doté de tous les pouvoirs ou presque, il n'est guère difficile, avec force effets de manche et coups de bluff "papillonnants", de fortifier dans l'esprit de l'électeur l'idée d'une Belgique unie, capable de toujours sauver la face, quoi qu'il advienne.

Dans la perspective des prochaines élections nous devons réfléchir avant d'agir ; faire le bilan de ce qui s'est passé et dit durant ces trente dernières années – ce qui serait la meilleure manière d'enfin en tirer les leçons. 

Or, généralement, c'est tout le contraire qui se passe. A chaque fois, les lendemains d'élections voient les mêmes pions remis sur l'échiquier et, forcément, entravant ainsi une évolution décemment gérable (la course aux intérêts personnels étant pour beaucoup dans ce que nous vivons.)

Tant qu'il nous reste assez de moyens et de liberté pour nous convaincre que le théâtre politique belge dissimule un mal incurable, nous devons nous ressaisir, ne pas oublier que nous avons toujours le choix : celui de demeurer passifs, aveugles ou celui d'opter pour une vision lucide de la situation de la Communauté française belge (que cette dernière change de nom autant de fois qu'elle le veut ne changera rien à l'imbroglio institutionnel.)

Il s'agit, bien avant tout, d'une communauté francophone mise cette fois au pied du mur depuis qu'elle s'est vue confrontée à une frange de la communauté flamande ayant fait état de son désir (légitime) d'en finir – tôt ou tard, avec la Belgique. Cela a été dit maintes fois, clairement et il n'y a plus à y revenir. 

Mais de toute évidence nos partis-fonctionnaires ne s'en souviennent pas...

Avec ce que nous avons appris de cette situation, nous pouvons prendre la balle au bond et rétorquer à ceux qui ne veulent plus de ce « belge » mariage forcé : Pourquoi pas ? 

Qu'on en veuille ou pas, d'une manière ou d'une autre nous poursuivrons notre lutte et continuerons à avancer, mais plus en terrain marécageux. Nous progresserons vers une porte de sortie après nous être débarrassé de ce qui gangrène notre monde (surpeuplé) politique.

Il est plus que temps d'avoir une vision des choses qui refuse l'hypocrisie et la compromission. 
Il est temps de faire la lumière sur certains pouvoirs discutables et de nous détourner de ceux et celles qui s'astreignent à caresser leurs potentiels d'électeurs dans le sens du poil. Manie classique, quasi institutionnalisée, des partis dits « traditionnels » pour lesquels nombreux sont les inconditionnels adorateurs qui persistent à nier les évidences et à ne pas sortir leur tête du gouffre de la récession, des privilèges bétonnés, de la mainmise sur les médias pour, finalement, mieux nous tromper.

Ce qui subsiste de notre démocratie doit encore gêner les meneurs d'un jeu truqué qui craignent de lâcher le gouvernail de la Belgique. 

Ceux-là préfèrent les voies obscures, étroites de l'aparté. Ils dispensent des promesses impossibles à tenir, refusent la concertation populaire, entretiennent savamment le carrousel des parvenus, de la corruption, du clientélisme. Vous avez dit démocratie ?...

Cette politique-là nous prouve chaque jour qu'elle a fait son temps et n'a plus grand-chose en commun avec une démocratie digne de ce nom. 
Aussi est-il de notre devoir - ne fut-ce qu'en mémoire de celles et ceux qui ont donné leur vie afin que la démocratie ait un sens, d'exiger que l'on donne la parole à celles et ceux qui veulent d'un avenir raisonnable pour la Wallonie, fut-ce en s'alliant à un pays voisin.

Le choix qui nous reviendra de faire d'ici quelques mois peut être, d'ores et déjà, éclairé par une vision créative des perspectives d'avenir d'une communauté francophone qui en a assez d'attendre un miracle dans un état moribond ; un état qui n'a de foi que dans le court terme et l'ivresse du pouvoir. 

Ce n'est pas d'un miracle dont nous avons besoin, mais d'un renouveau politique. Il est plus d'un modeste parti qui se fait fort de le démontrer et le R.W.F. est de ceux-là. Tout à fait le genre de grain de sable qui exaspère la majeure partie de nos "représentants" actuels.

Pour ce qui est de défendre des solutions praticables face à la déliquescence programmée de la Wallonie, il s'agit de prendre conscience que nous ne pourrons compter que sur notre propre fermeté, sur notre seul courage et sur la qualité de nos choix politiques.

Sortons des sentiers battus de la routine électorale, dont nous subissons tous les méfaits – et dont nous sommes responsables. Ne nous laissons plus abuser et faisons un nouveau choix d'avenir. 

Une des meilleures propositions qui puissent être faites à la Wallonie est de redevenir française. Car nous avons déjà été français, jadis, même si ce ne fut guère longtemps. Après tout, la Belgique n'aura pas fait long feu non plus. Et cela n'en fait pas pour autant un drame.

A d'autres moments de notre histoire nous faillîmes être français, notamment juste après la seconde guerre mondiale. Hélas, les gouvernants de l'époque en décidèrent autrement. Mais qui peut dire, aujourd'hui, sans rire, que ce fut une bonne solution ?
  
Désormais, Il n'y a de plus en plus de raisons de nous rallier à la France. Mais le changement fait peur, c'est humain. Toutefois, peur nous aurons encore longtemps si nous tolérons de nous laisser sombrer, lentement mais sûrement, avec une Belgique-Titanic qui a percuté l'iceberg de l'indépendantisme flamand.

Tournons nos regards vers l'horizon français, afin que la Wallonie réajuste sa dignité et demeure une région reconnue et respectée de France, berceau de notre culture.

                                                                                          J-M. L. 







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