lundi 23 janvier 2012

Monologues avec variation sur un air démocratique (III)



L'humain est l'être des défis souvent inutiles, dispendieux, ridicules.

Quand relèvera-t-il - et avec autant d'énergie, de désintéressement, de fougue, d'obstination et de moyens - le défi de faire de la démocratie, de la paix, de la non-violence des valeurs primordiales, incontestables et incontestées ?

*

                                                 VOTER :

                                             Un petit clic
                                    Pour une grande claque

                                         A l'extrême droite

*

Le pouvoir n'est pas au bout du fusil
Un fusil ça se brise. Le courage aussi.
Une idée, jamais.

Le pouvoir du peuple dort trop longtemps
dans son imaginaire, dans sa volonté assoupie.

*

Nous ne savons plus ni donner ni recevoir, tandis que nous distribuons

GRATUITEMENT :

la haine, la violence, des balles et des bombes, des poisons, tous vains cataclysmes à petite et grande échelle qui coûtent très cher.

Que faisons-nous à nos enfants pour qu'ils grandissent si mal ?

*

Depuis l'Antiquité, nous rêvons d'une société régie par les citoyens.

La prétention mesquine au pouvoir fait souvent de certains démocrates les initiateurs de régimes totalitaires, de dictatures déguisées et trop impunies.

Raison majeure pour laquelle le citoyen ne peut se contenter que simplement voter.

*

Ce n'est pas parce que l'on ne sait pas décrocher la Lune qu'il faut se contenter d'y rêver.
Ce n'est pas parce que des dirigeants belliqueux entraînent leur peuple à la guerre qu'il ne faut pas préparer la paix.

*

Lorsque nous « plaçons » de l'argent, nous exigeons les meilleurs taux, nous spéculons et vérifions les comptes, nous attendons des résultats rapides et mirobolants, nous demeurons vigilants.

                  Et si nous faisions de même après avoir voté ?

*

Parce que les criminels n'occupent pas que le bas du pavé, ne renonçons pas à notre droit électoral.

*

Le "meilleur des mondes"
n'est peut-être pas de ce monde,
mais pas plus dans la nostalgie.
Il reste à créer un peu partout, chaque jour.

COMME LA DEMOCRATIE


*

Qui cracherait sur le confort que lui procure un régime qui octroierait, défendrait un maximum de libertés à des conditions équitables et honnêtes ?

Alors, pourquoi contester l'utilité du devoir électoral ?

*

La vraie multiculturalité ne consiste pas en une espèce de respect poli, en une ironie discrète, en l'usage modéré d'une certaine curiosité.

Elle doit signifier, de part et d'autre, remise en question profonde de nos errances, de nos erreurs, de nos croyances.

*

Pour endiguer la marée brune,
il importe que la démocratie change de peau.

Un lifting passe toujours par un
mouvement de jeunes.

*

La démocratie n'a rien à faire avec les marchands de canons ou les détaillants en chaussettes, dès que leur industrie alimente ou soutient un régime liberticide.

On ne meurt pas d'une overdose de boycott.

*

La haine subventionnée en col et cravate n'est pas moindre, pas moins coupable, pas moins stérile que celle qui endoctrine sagement, discrètement, proprement, obstinément

les enfants


*

Dans les pays mafieux
où sévit la loi des plus forts
monnayeurs et des amoraux,
la démocratie est une politique
hors-la-loi,
le monde à l'envers.

Seuls les démocrates sains
peuvent y changer quelque chose.


*

                                       La démocratie a tout à craindre
                                             de ceux qui bénéficient
                                                  de ses bienfaits,
                                                 sans lui apporter
                                                    aucun projet,
                                             aucun apport culturel,
                                               social ou politique.

*

L'Histoire nous l'a prouvé maintes fois : avant de commencer à changer, à renverser la vapeur, nous allons

TOUJOURS

jusqu'au bout dans l'erreur. Jamais dans lhumanisme.

*

Pour une fraction croissante de la population mondiale

subsister, simplement survivre,

est devenu un calvaire, une espèce de punition infligée par les nantis.
La démocratie devrait pouvoir y changer quelque chose


*

Contradictions mortelles :

nous exigeons la perfection de notre apparence, de nos gadgets.

Sommes-nous aussi exigeants pour notre environnement, notre alimentation, notre enseignement, notre démocratie ?


*

Certains diffusent en termes guerriers qu'il faut être le meilleur, le plus fort, sans pitié, un battant, pour écraser les autres, la concurrence.

La démocratie cherche à faire de chaque citoyen
l'égal de quiconque.

Pas un guerrier.


*


Un peu partout dans le monde, les femmes n'ont toujours pas obtenu de véritable statut d'égalité avecles hommes qu'elles mettent au monde.

La démocratie n'en a pas fini avec l'obscurantisme, la bêtise, la force imbécile.

*

Nous n'aimons pas la morale, ni les leçons en général.

Parce que nous n'avons de mémoire  
que pour ce qui concerne nos intérêts, nos plaisirs,  
notre petite sphère personnelle.

*

En l'absence d'élévation
de la conscience des individus
le civisme,
à l'instar du mot "paix",
demeurera un terme vide,
une outre creuse
au vacarme intempestif,
à l'agitation inopportune,

Parce qu'on n'y aura mis aucun sens.


*

Mépriser le vote équivaut à cracher sur la tombe des martyrs qui se sont dévoués pour qu'existe un jour la démocratie.

Pour qu'elle signifie autre chose que du mépris.

*

L'impunité fait le lit de la récidive, autant
quune justice qui ne se veut pas à la hauteur des délits.

La démocratie a pour premier devoir de ne pas tout tolérer, sous prétexte de s'attirer un maximum de sympathies.


*

Nationalisme, racisme, endoctrinement, fascisme, fanatisme, extrémisme, intégrisme sont les fomenteurs de ces mondes morts-nés qui ne laissent derrière eux que ruines  

et milliers de morts qui devaient soi disant

tout changer


*

QUICONQUE PARLE

de démocratie, de droits de l'homme, de respect de la vie, de civisme, d'écologie, de citoyenneté, de justice, de paix, de solidarité, d'humanisme, d'éducation, de fraternité, de partage, de non-violence

DOIT SE TAIRE

S'il ne pose au moins un acte quotidien en conformité avec ses paroles.


*


J-M. L. extrait de " Monologues avec variations sur un air démocratique ", Bonneville , 2006





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