mardi 31 janvier 2012

Dans cette Wallonie-là, monsieur, on ne rit pas, on paie



Le fédéro-socialisme à la belge nuit gravement à la santé des citoyens.

Leitmotiv tout frais : « Stimuler l'emploi... » Air connu ! Tout à fait le genre de déclaration qui fâche.

Comment stimuler ce qui fait de plus en plus défaut ? Stimuler avec quoi et où:

Dans une Wallonie écrasée sous une pression fiscale féroce qui ne doit plaire qu'aux belgicains ?

Dans une Wallonie en proie à la délocalisation (cherchez la cause...)

Dans une Wallonie peau de chagrin maintenue dans la pauvreté qui assoit d'autant mieux le pouvoir qui l'instille ?

Dans une Wallonie incapable d'assurer une mobilité aisée aux citoyens ne possédant pas de véhicule personnel ?

Dans une Wallonie où nos « experts » en prothèses pansent des jambes de bois avec le sourire et la coupe de champagne à la main ?

Dans une Wallonie dont les dirigeants annoncent sans rire qu'ils sont prêts à réduire leurs salaires pharaoniques de 5% ?

Dans une Wallonie où l'on ne parle que de pauvreté, chômage, immigration galopante ?

Dans une Wallonie qui parle de refinancement des PME et de l'économie...(à la belge) ?

Dans une Wallonie où l'on nous promet d'amputer l'index, de rogner les pensions et de nous faire travailler plus longtemps pour moins de salaire ?

Aussi, face à l'évidence hurlante, pourquoi avoir voté pour celles et ceux qui ont contribué à nous mener de Charybde en Scylla ?

Que l'on se « rassure », les mêmes trouveront les termes anesthésiants (le temps d'un énième mandat) destinés aux citoyens invariablement sensibles aux promesses d'embellies qui ne risquent plus de venir.

Ceux qui veulent changer cela doivent voter pour d'autres aux prochaines élections, dixit M. De Croo.


Nous n'attendions pas les conseils de la Flandre pour nous y préparer !

                                                                                          J-M. L.


jeudi 26 janvier 2012

Tout fait farine au bon moulin



Selon le dernier numéro de "passe-partout", notre « miss Belgique » est, parait-il bien nommée.

Que l 'on prenne encore plaisir à voir des jeunes personnes s'exhiber comme autant
de marchandises, ravies d'êtres traitées comme poupées de rêve en étalage ; que celles-ci nous soient présentées comme des canons de beauté peut paraître futile à d'aucuns. Il faut bien trouver quelque chose à mettre sous le vocable « culture », n'est-il pas et lorsque le football fait défaut l'occasion est toute trouvée de nous encombrer l'esprit avec de pareilles vanités. Et que cela se discute, soit, ce n'est pas notre propos ici.

Nul ne niera qu'il est toujours plus agréable de contempler ce genre de personnes, fussent-elles avides de se donner en spectacle, que de devoir subir certains responsables (?) politiques du plat pays.

Le plus étrange est le propos sous-jacent, bien dans l'air du temps et dont on doit à quelques spécialistes du genre déjà pas mal de sorties « belgicaines » en ces temps de troubles et louches belgitude.

C'est le trilinguisme, cette fois, qui est mis à l'honneur comme gage de référence pour qui veut croire qu'en un si petit pays cela puisse être véritablement utile.

D'un côté nous avons environ 70.000 germanophones, de l'autre un peu moins de 4 millions de francophones auxquels il convient d'additionner ce qui reste de néerlandophones, sans parler les usagers de divers patois qui ont la vie dure un peu partout, plus l'une ou l'autre langues qui nous viennent d'un peu partout depuis que l'immigration fait flores.

Ce n'est donc pas trilingue qu'il faudrait être mais multilingue pour se faire comprendre dans certains microcosmes belges. 

Or, dans la pratique, le commun des mortels belges unilingues, donc « mal nommés », s'en remet à la langue officielle de sa communauté ou de son choix. Quant à l'anglais, sont usage n'est pas de mise au quotidien, excepté pour des fonctions particulières.

Toutefois, qu'une ministre du gouvernement de Bruxelles-Capitale présente le trilinguisme comme étant, de toute évidence, un « exemple belge à suivre » constitue un appel du pied d'un tout autre goût. De plus, on ne nous précise pas de quelles langues il s'agit...

Seulement, le seul fait d'être plurilingue assure-t-il en quoi que ce soit que l'usager figure pour autant un « modèle » d'intelligence, d'humanisme, de solidarité, de respect, de dignité, d'efficience ? Cela reste à voir.

Le côté pratique du multilinguisme est incontestable pour qui entend s'agiter de par le monde. Mais que fait-on de ces fameuses « richesses multiculturelles » que la pratique des langues est censée nous apporter ? Ces dernières nous assurent-elles d'une manière ou d'une autre une paix, une fraternité durables ? A moins que le facteur consommation multipliée soit compris dans l'intérêt du multilinguisme.

Il n'empêche que fustiger les usagers d'une seule langue est d'un goût tout aussi douteux venant de la part d'un pays qui à de la peine à reconnaître du bout des lèvres que l'intégration est bel et bien un échec. La faute à la pénurie de polyglottes, sans doute ?

Dorénavant, faudra-t-il considérer les unilingues comme autant d'attardés mentaux, de réfractaires, d'inconséquents, de handicapés sous prétexte que l'usage d'une seule langue et leur vie durant, leur a amplement suffit pour grandir, devenir mature et fonctionner comme tout un chacun, sans être forcément hermétiques et désolidarisés des autres cultures ?

Le fait de partager une seule ou plusieurs langues n'a jamais suffit à faire de nous des modèles en quoi que ce soit. Il y faut beaucoup plus, pour faire de vertueux humains, pondérés, fréquentables, généreux, pacifistes, désintéressés. 
L'ouverture d'esprit ne saurait provenir du seul usage de plusieurs langues, sinon on le saurait. C'est bien dans l'esprit de ce qui se dit de la musique, ce langage "universel" qui pourtant n'adoucit en rien les mœurs, comme a pu le prouver l'Allemagne nazie.

Et aussi, est-ce d'un intérêt quelconque d'être capable de parler pour ne rien dire, comme le font beaucoup de « Miss » en plusieurs langues ?
Irritante, cette annonce d'une exposante « bien nommée » en guise de couche supplémentaire appliquée sur ce qui subsiste de notre esprit critique. Esprit abondamment souillé par les discours de sauvegarde à tout prix d'une Belgique qui prend un plaisir solitaire à adorer son seul nom.

                                                                                                         J-M. L.


                                                                                                      







lundi 23 janvier 2012

Monologues avec variation sur un air démocratique (III)



L'humain est l'être des défis souvent inutiles, dispendieux, ridicules.

Quand relèvera-t-il - et avec autant d'énergie, de désintéressement, de fougue, d'obstination et de moyens - le défi de faire de la démocratie, de la paix, de la non-violence des valeurs primordiales, incontestables et incontestées ?

*

                                                 VOTER :

                                             Un petit clic
                                    Pour une grande claque

                                         A l'extrême droite

*

Le pouvoir n'est pas au bout du fusil
Un fusil ça se brise. Le courage aussi.
Une idée, jamais.

Le pouvoir du peuple dort trop longtemps
dans son imaginaire, dans sa volonté assoupie.

*

Nous ne savons plus ni donner ni recevoir, tandis que nous distribuons

GRATUITEMENT :

la haine, la violence, des balles et des bombes, des poisons, tous vains cataclysmes à petite et grande échelle qui coûtent très cher.

Que faisons-nous à nos enfants pour qu'ils grandissent si mal ?

*

Depuis l'Antiquité, nous rêvons d'une société régie par les citoyens.

La prétention mesquine au pouvoir fait souvent de certains démocrates les initiateurs de régimes totalitaires, de dictatures déguisées et trop impunies.

Raison majeure pour laquelle le citoyen ne peut se contenter que simplement voter.

*

Ce n'est pas parce que l'on ne sait pas décrocher la Lune qu'il faut se contenter d'y rêver.
Ce n'est pas parce que des dirigeants belliqueux entraînent leur peuple à la guerre qu'il ne faut pas préparer la paix.

*

Lorsque nous « plaçons » de l'argent, nous exigeons les meilleurs taux, nous spéculons et vérifions les comptes, nous attendons des résultats rapides et mirobolants, nous demeurons vigilants.

                  Et si nous faisions de même après avoir voté ?

*

Parce que les criminels n'occupent pas que le bas du pavé, ne renonçons pas à notre droit électoral.

*

Le "meilleur des mondes"
n'est peut-être pas de ce monde,
mais pas plus dans la nostalgie.
Il reste à créer un peu partout, chaque jour.

COMME LA DEMOCRATIE


*

Qui cracherait sur le confort que lui procure un régime qui octroierait, défendrait un maximum de libertés à des conditions équitables et honnêtes ?

Alors, pourquoi contester l'utilité du devoir électoral ?

*

La vraie multiculturalité ne consiste pas en une espèce de respect poli, en une ironie discrète, en l'usage modéré d'une certaine curiosité.

Elle doit signifier, de part et d'autre, remise en question profonde de nos errances, de nos erreurs, de nos croyances.

*

Pour endiguer la marée brune,
il importe que la démocratie change de peau.

Un lifting passe toujours par un
mouvement de jeunes.

*

La démocratie n'a rien à faire avec les marchands de canons ou les détaillants en chaussettes, dès que leur industrie alimente ou soutient un régime liberticide.

On ne meurt pas d'une overdose de boycott.

*

La haine subventionnée en col et cravate n'est pas moindre, pas moins coupable, pas moins stérile que celle qui endoctrine sagement, discrètement, proprement, obstinément

les enfants


*

Dans les pays mafieux
où sévit la loi des plus forts
monnayeurs et des amoraux,
la démocratie est une politique
hors-la-loi,
le monde à l'envers.

Seuls les démocrates sains
peuvent y changer quelque chose.


*

                                       La démocratie a tout à craindre
                                             de ceux qui bénéficient
                                                  de ses bienfaits,
                                                 sans lui apporter
                                                    aucun projet,
                                             aucun apport culturel,
                                               social ou politique.

*

L'Histoire nous l'a prouvé maintes fois : avant de commencer à changer, à renverser la vapeur, nous allons

TOUJOURS

jusqu'au bout dans l'erreur. Jamais dans lhumanisme.

*

Pour une fraction croissante de la population mondiale

subsister, simplement survivre,

est devenu un calvaire, une espèce de punition infligée par les nantis.
La démocratie devrait pouvoir y changer quelque chose


*

Contradictions mortelles :

nous exigeons la perfection de notre apparence, de nos gadgets.

Sommes-nous aussi exigeants pour notre environnement, notre alimentation, notre enseignement, notre démocratie ?


*

Certains diffusent en termes guerriers qu'il faut être le meilleur, le plus fort, sans pitié, un battant, pour écraser les autres, la concurrence.

La démocratie cherche à faire de chaque citoyen
l'égal de quiconque.

Pas un guerrier.


*


Un peu partout dans le monde, les femmes n'ont toujours pas obtenu de véritable statut d'égalité avecles hommes qu'elles mettent au monde.

La démocratie n'en a pas fini avec l'obscurantisme, la bêtise, la force imbécile.

*

Nous n'aimons pas la morale, ni les leçons en général.

Parce que nous n'avons de mémoire  
que pour ce qui concerne nos intérêts, nos plaisirs,  
notre petite sphère personnelle.

*

En l'absence d'élévation
de la conscience des individus
le civisme,
à l'instar du mot "paix",
demeurera un terme vide,
une outre creuse
au vacarme intempestif,
à l'agitation inopportune,

Parce qu'on n'y aura mis aucun sens.


*

Mépriser le vote équivaut à cracher sur la tombe des martyrs qui se sont dévoués pour qu'existe un jour la démocratie.

Pour qu'elle signifie autre chose que du mépris.

*

L'impunité fait le lit de la récidive, autant
quune justice qui ne se veut pas à la hauteur des délits.

La démocratie a pour premier devoir de ne pas tout tolérer, sous prétexte de s'attirer un maximum de sympathies.


*

Nationalisme, racisme, endoctrinement, fascisme, fanatisme, extrémisme, intégrisme sont les fomenteurs de ces mondes morts-nés qui ne laissent derrière eux que ruines  

et milliers de morts qui devaient soi disant

tout changer


*

QUICONQUE PARLE

de démocratie, de droits de l'homme, de respect de la vie, de civisme, d'écologie, de citoyenneté, de justice, de paix, de solidarité, d'humanisme, d'éducation, de fraternité, de partage, de non-violence

DOIT SE TAIRE

S'il ne pose au moins un acte quotidien en conformité avec ses paroles.


*


J-M. L. extrait de " Monologues avec variations sur un air démocratique ", Bonneville , 2006