vendredi 13 janvier 2012

Sonne l'heure...d'une pseudo Belgique

Dès l'activation de la séparation linguistique en Belgique, la Flandre entamait lentement, mais sûrement, le processus séparatiste qui prend aujourd'hui corps, n'en déplaise aux passéistes nostalgiques d'un pays adolescent mais néanmoins moribond.

Un soi-disant pays qui fut surtout imaginé en tant qu'espace-tampon entre certaines nations belligérantes, il y a quelques siècles. Un simulacre de pays, fabriqué à partir de deux cultures antagonistes accumulant des incompatibilités notoires ainsi qu'un vaste potentiel de gouvernements bancals à répétitions.

Anciennement territoire voué à servir de champ de bataille entre grandes nations ; surtout composé de gaulois, de celtes (et non de "belges") ; en partie fief bourguignon durant un temps puis passant sous les bannières françaises, pour continuer à être écrasé sous les bottes espagnoles, hollandaises ou autrichiennes, ce qui deviendra par tractations purement politiques une certaine Belgique, voit maintenant son sort bel et bien compromis.

Aucun pays n'est éternel. Surtout pas celui qui se trouve réduit à des entités hétéroclites truffées de patois n'ayant rien d'unificateur ; qui est surencombré de ministres ; dont le panel politique est laminé par la corruption ; dont le sol est défiguré par une gestion du territoire lamentable ; qui est saigné aux quatre veines par le nationalisme, le flamingantisme ou le wallingantisme ; qui est réduit à pratiquement rien par la déliquescence sociale, économique et se voit désormais gangrené par une politisation à outrance de la plupart de ses organes vitaux,...

Voilà à quel type d'éternité est promis cet ersatz de pays qui n'en est plus un, la faute incombant aux tenants du Pouvoir, complètement aveugles ou magnifiquement opportunistes, s'évertuant de gouvernement en gouvernement à faire croire, encore et toujours, aux naïfs électeurs qu'il reste de bon ton d'acquiescer à leurs basses manoeuvres et de rester fidèles à leurs sornettes, faux-fuyants et autres claironnantes promesses de lendemains heureux qui ne font long-feu que dans l'esprit des gogos.

Cette Belgique, qui faillit d'ailleurs plus d'une fois être à nouveau réunie à la France, ne convainc plus personne. Lors, quel serait l'avenir d'une Wallonie exsangue, livrée à elle-même, ainsi que certains l'ont suggéré, face à la menace d'éclatement ?

Car il 'agit bien, avant tout, de sauver la partie francophone d'une moitié du territoire, soit environ quatre millions de personnes. Aussi, quel pays peut mieux accepter et partager notre culture que la France ?

Les réponses aux multiples questions que peuvent se poser celles et ceux que leur identité préoccupe ne se trouvent jamais que dans le courage que développera l'ensemble de la communauté wallone - qui aura à se débarrasser du diktat flamand en tout premier lieu, pour apprendre enfin à regarder la réalité bien en face.

A la question : la Belgique est-elle soluble dans une grande communauté jumelle, économiquement puissante et qui partage la même culture ? La réponse est évidemment oui.

Pour s'en convaincre, il convient tout aussi évidemment, de prendre la peine de sortir des sentiers battus du conformisme politique.

Il faut faire l'effort de s'informer à partir de divers mouvements honorables qui osent parler d'un retour à la France - sans pour autant l'idéaliser béatement, mais qui ne perdent plus de vue que nous ne gagnerons plus rien à persister dans l'obscurantisme politique qui est le nôtre. Et en tenant également compte de nos pitoyables antécédents et de ce que nous pourrions y gagner. Pour une fois, ce sont bon nombre de politicards qui y perdraient...d'où leur crainte fébrile que le vent tourne et dirige nos consciences vers la France.

Oui, il suffit de prendre connaissance de nombreux points de vue démocratiques, parfaitement éclairés quant à la manipulation dont nous faisons tous l'objet, et quant à la solennelle et grandiose Histoire de la Belgique largement alourdie d'erreurs (parfois sciemment) et de tout ce que nous pouvons gagner en abandonnant le label "belge".

N'est-il pas plus que temps de cesser de croire aux mirages que nos partis politiques "traditionnels" agitent devant leurs listes électorales ? Eux qui nous ont menés là où nous piétinons aujourd'hui, avec nos oeillères si conventionnelles, si traditionnelles qui nous rendent amorphes, muets devant les nouveaux choix qu'il faudra pourtant tôt ou tard effectuer.

Seulement, pour penser autrement et ô combien plus courageusement un nouvel avenir, il faut s'informer ailleurs que dans les médias qui se trouvent sous tutelle politique majoritaire et qui musèle ainsi honteusement la démocratie.

En nous débarrassant d'une peur, d'une nostalgie, d'un patriotisme désuet qui entrave notre lucidité, nous pouvons faire mieux que de post-poser une échéance inéluctable, pour retrouver nos vraies racines ; pour refuser le joug, les plaintes, les sarcasmes ou les menaces du Nord tandis que nous sommes gavés d'un pâle optimisme hypocrite dispensé par nos dispendieux et - pour la plupart, il faut le marteler, peu recommandables "belges élus".

Jetons bas ce fardeau qui n'a que trop malmené nos épaules et dont nous n'avons pas à être fier. Ne fut-ce que pour l'avenir de nos enfants.

Un avenir qui passe bien avant celui de ce "pays" qui a fait son temps : bien avant sa monarchie d'un autre âge et bien avant le bétonnage dictatorial d'un Pouvoir qui n'a aucune difficulté à agiter ses sempiternels mêmes guignols indéboulonnables...du simple fait de notre paresse citoyenne.

J-M. L.

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