Au terme de plus de 500 jours d'une pantomime bouffonne, digne de la Comedia del Arte, nous voici dotés d'un énième gouvernement qui, à n'en pas douter, durera ce que durent les roses.
Pourquoi en serait-il autrement puisqu'il est clair que la peau de chagrin wallonne - disons plutôt la population francophone du sud, pour être plus exact (car un francophone ne saurait systématiquement se sentir, ni être wallon pour autant, puisqu'il s'agit d'abord de partager une langue, une culture française et non un éventail hétéroclite de folklores, de coutumes, de patois.) est loin d'adhérer massivement aux mirages d'un premier ministre fraîchement émoulu mais qui ne convaincra guère longtemps ses électeurs, courtisans ou non.
Hissé au pouvoir par une population largement dupée, hyper-crédule face au jeu des consternantes compromissions à la chaîne, le socialisme n'est hélas plus ce qu'il a été et perdra encore ses ultimes lettres de noblesse au gré des marées corruptrices et du démantèlement du pays.
Ce socialisme actuel est surtout devenu le champ d'action de spéculateurs en tous genres, le fleuron vaniteux d'une particratie qui s'embourbera de plus en plus et qui fait les beaux jours d'une Flandre qui exige une croissante soumission afin d'affirmer, de jour en jour, son indépendance. L'envol du nord vers son autonomie est amorcé depuis pratiquement la naissance de la Belgique et ne craint plus grand chose pour dévoiler son plan, l'affirme au grand jour. Aussi, pourquoi s'obstiner à se voiler pudiquement les yeux devant ce qui DOIT arriver ?
Nous voilà donc affublé d'un gouvernement donc, pour diriger un État juché sur une planche qu'il est en train de scier. Un État néanmoins géré en majorité par les néerlandophones, qui se sont judicieusement placés aux meilleurs postes de gestion d'un État dur dans un emballage de carton-pâte. Car la Flandre - qui sait, elle, ce qu'elle veut, est déjà un pays bien formé et doté d'un vrai projet d'avenir. Son autonomie évidente, les pouvoirs qu'elle a acquis se révèlent à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Elle s'est affirmée partout en imposant la scission linguistique, premier pas vers la sortie de la Belgique. Telle une hydre, elle a su patiemment se prolonger et renforcer des acquis concédés benoîtement par une molle Wallonie de moins en moins crédible face à l'Europe.
Il est loin le temps ou la Wallonie figurait un exemple social, économique. Elle rejoint désormais certains autres pays-épaves dans leur marasme débilitant. Et ce ne sont pas les coquelets qui pavoisent aux congrès, aux parlements, aux sénats qui parviendront à rassurer les industriels, les patrons à ne pas délocaliser leurs entreprises. Chaque jour qui passe nous révèle de nouvelles tares qui confortent les fuyards dans leurs projets d'abandonner une Belgique ingouvernable, minée par le cancer d'un nationalisme galopant. La phase terminale durera 10, 15 ans, moins qui sait, mais elle est engagée dans la voie de l'inéluctable.
Depuis peu, la presse-autruche, largement à la botte du parti dominant – a bien du sortir la tête du trou pour se mettre au diapason de la réalité et commencer frileusement à admettre divers scénarios d'éclatement du pays. Un pays qui n'en est plus véritablement un mais qui (surtout au sud), persiste à se bercer d'illusions tandis que le nord grignote inlassablement des parts de gâteau de plus en plus grosse. Son but est pourtant évident : devenir une nation. Ce qu'elle est déjà, pratiquement. Le plus détestable étant les conditions dans lesquelles cela se passe.
Le plus ridicule réside dans tous les effets d'annonces, tous les tics patriotiques, toutes les petites pratiques publicitaires, les pathétiques gestes de « fidélité » (à l'absurde?), petits ou grands drapeaux à l'appui ...de fenêtre et autres « Touche pas à mon pays » (quel « pays »?!)
Ces dernières années, écoulées sous le sceau d'une mal ou d'une non gouvernance, ne nous ont laissées aucun bon souvenir. Le sursis n'a fait qu'enfler au sein d'une entité francophone obnubilée par la sauvegarde d'un label « Belgique » qui procure à maints (trop!) élus de scandaleux avantages de l'espèce sonnante et trébuchante...et on agite bien en chœur son petit drapeau !
Ce n'est ni d'un plan B ou W dont nous avons besoin, mais d'un plan F. Car où, mieux qu'en France, pourraient être considérés comme respectables les tenants d'une culture multiséculaire toujours mieux respectée qu'en Flandre ?
Vouloir à tout prix se cramponner à un pathétique radeau vermoulu, ballotté sur une mer déterminée à le démanteler jusqu'au bout alors qu'un rivage s'offre comme havre de paix, relève bien de cet esprit belgicain qui minera encore bien des carrousels gouvernementaux. Du moins jusqu'à ce que la Flandre proclame son indépendance. Ce qui ne devrait plus durer quinze ou vingt gouvernements.
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