lundi 27 février 2012

LES ALLIANCES DETONANTES



Le CD&V et la N-VA viennent d'effectuer une manœuvre de rapprochement. La formule s'avérera peut-être explosive. Ou pour le moins à retardement, car le signal envoyé à la Flandre par cet aplanissement de « minimes différences » (selon notre ministre de la Défense) entre les deux partis ne sera pas perdu pour tout le monde.

Même si ce pacte n'est conclu qu'au sein d'une commune telle que Aalter (le fief de De Crem) il n'empêche que ce qui passe pour anecdotique pourrait très bien faire boule de neige et ouvrir la voie à des suites qui ne feraient que renforcer (si besoin était encore) la Flandre dans son idéologie nationaliste, terreau de la lente mais continue dissolution du pays.

Le tout frais arrivage de 20 mandataires du VB rejoignant les rangs de la N-VA va bien dans ce sens et n'augure rien de bon pour le petit empire di rupien. Quant à M. Didier Reynders, qui, dans sa fatuité se prend à rêver à un « printemps wallon » (il serait temps !), il ne se doute pas combien ce rêve naïf risque fort de tourner en cauchemar.

D'abord parce que la Wallonie ne connaît qu'une sempiternelle saison : la rouge automnale. Ensuite parce que la grande majorité des wallons aurait à apprendre à se désobstruer l'esprit, sursaturé des principes politiquement corrects inculqués par les animateurs attitrés du Muppet-Show politique belge.

En effet, il n'est rien de plus laborieux, de plus accablant, de plus désespérant que de tenter de montrer la sortie à un wallon qui tourne dans la cage de l'invariable Quartet dominateur. Il faudrait qu'il consente surtout à s'ôter du nez cet anneau qui permet au premier phraseur empapillonné venu de le mener là où ce dernier le désire, c'est-à-dire partout et n'importe où, en ces lieux de la raison où la lucidité, la mémoire, la dignité, le courage du wallon y font tragiquement défaut.

La crainte du changement, l'âge, le désappointement, l'appréhension de ce qui n'est pas compris, la peur de la complexité, l'attrait de la facilité et de la lâche abstention, du ridicule vote blanc, voilà les échappatoires convenant à des milliers de citoyens qui contribuent à cette pathétique irresponsabilité qui conforte la classe politique dans ce qu'elle juge la "populace" comme incompétente, abêtie, et tellement docile qu'elle lui tombe toute chaude, toute rôtie dans les urnes...ou à côté.

Ce pauvre petit wallon, qui vote plus par conformisme sociopolitique que par conviction raisonnée, comment peut-il admettre l'évidence ; remettre ses choix en question ? C'est tout bonnement impensable pour ses convictions arrêtées en bout de course.

Et il s'agit bien de cela, d'une foncière incapacité à faire taire en lui la voix du dogme, les principes d'une tradition aussi poussive que poussiéreuse qui étouffe toute velléité de la raison. Comment cette dernière pourrait-elle espérer se trouver au diapason de la réalité des faits ? Les pieds dans une pauvreté chevillée au corps et la tête anesthésiée par des flots de mensonges dilués dans la maestria médiatique, l'esclave finit souvent par s'éprendre de son maître.

On considère le parti de papa, le vote fonctionnarisé de père en fils, comme une construction mentale des plus rationnelles et inattaquable, quoi que le quotidien puisse asséner comme contrevérité. 

Que ce soit par le plus trivial des népotismes, que ce soit par l'un ou l'autre effet artificiellement attractif, l'inclination à un courant de mode le plus stupide ou par un nocif désabusement, le citoyen mou refuse de faire l'effort de s'ouvrir à une nouvelle vision de la société - dont, cependant, il n'a de cesse de se plaindre et de vouer aux gémonies. Mais pas question, pour lui, de sortir des sentiers battus du conformisme électoral idéalisé une fois pour toutes. Où irions-nous !

En vérité, l'esclave soumis n'est guère enclin à mettre en doute la parole, les commandements, les promesses de son maître, dont le pouvoir permet de penser pour tous ceux qui lui sont soumis. En se taisant, en ne se révoltant pas, l'esclave contribue à faire la force de son maître.

Dans une Europe - et donc une Belgique, gouvernée par la finance, que la honte s'abatte sur celles et ceux qui, aux prochaines élections - et même avant ou après, se tairont, opteront encore et toujours pour un indigne assujettissement aux banquiers, aux eurocrates, aux gouvernants qui s'arrogent le droit de mépriser leurs peuples.

Pour changer de monde il faut changer de vie, donc SE penser autrement, pour agir de manière novatrice, sans attendre un miracle qui n'existera pas. Cela peut, par exemple, commencer par refuser tout communautarisme politicard, par changer notre manière de nous informer et enfin de voter. 

 

jeudi 16 février 2012

Non à une Europe-pressoir !


Il est vrai que si avons à nous féliciter de connaître une paix durable entre vieilles nations européennes naguère belliqueuses et nous enorgueillir du projet d’une Europe se destinant à vivre la concorde, le résultat actuel doit faire se retourner dans sa tombe Robert Schuman qui ambitionnait certainement tout autre chose pour les européens.

L’Europe d’aujourd’hui, sous la domination croissante de spéculateurs douteux, s’enlise dans une forme de dictature qui ne craint nullement de s’afficher ouvertement.

C’est désormais la même Europe qui prend inconsciemment le risque de faire se jeter à nouveau les unes contre les autres certaines nations aujourd’hui harcelées ou en voie de l’être très prochainement, sommées de se plier aux invraisemblables conditions budgétaires dictées par les oligarques en cols et cravates de la Commission Européenne.

L’Europe ne peut persévérer dans la voie de l’ingérence, de l’ultralibéralisation, du mondialisme effréné, ni se vouloir une Europe de pauvres au bénéfice des riches. Entre les mains de cette Europe-là nous ne sommes pas entre de bonnes mains, car elle nuit gravement à la démocratie.

Par passivité ou fatalisme stupide ; en abandonnant notre dignité et notre avenir aux Sarkozy, Merkel et consorts, nous les confortons dans leurs funestes projets qui ne sont en rien des projets communs incluant, tel qu’il se devrait, l’approbation légitime des peuples concernés.

Dans l’état actuel des choses, chaque membre du « club » doit revoir sa position, exiger de rester maître dans ses frontières, maître de ses projets, de ses attentes, de ses lois internes et exiger le respect de ses citoyens.

Chaque pays doit exiger de pouvoir quitter l’Union à tout moment et même revendiquer le droit d’abandonner l’euro pour revenir à une monnaie nationale s’il le désire.

Pour ne pas en venir à une situation similaire à celle que connaît la Grèce, nous devons réagir. Nous ne pouvons plus laisser l’Europe décider, pour 500 millions de citoyens, de la façon dont ils seront mis en demeure de se soumettre et de payer plus, encore et toujours plus, pour hisser au pouvoir une Union qui n’aura demain plus rien d’humaniste, de démocratique ni d’enviable.

Parce qu’une telle Union méprisante, liberticide, despotique aura alors à être - comble de l’ironie, combattue pour être poussée à sa perte de la pire manière si nos votes futurs n’y suffisent pas.

Pas de popularité pour les Europicides ! 

                                                                                                                                  J-M. L.

vendredi 10 février 2012

Si on lâchait un chien dans le jeu de quilles ?


Pour augmenter nos chances de sortir la démocratie belge de sa voie de garage et casser le mariage forcé de deux entités - à l'entame de l'union déjà réfractaires à une commune et mythique identité belge, il conviendrait que la masse populaire cesse de se faire complice de la prêtrise séculière toute dévouée au conformisme politique.

Désormais, il est on ne peut plus clair que, dans sa forme et nanti de sa philosophie actuelle, le PS entend régenter l'ensemble de la partie francophone du pays, non content d'être responsable - avec ses partis satellites, de la déliquescence économique et sociale de cette région. Autant dire que les pratiques socialistes belges n'ont aujourd'hui guère plus de commune mesure avec l'esprit socialiste des premières heures de la Belgique.

Le plus ahurissant est qu'il est encore un électorat qui ne s'en plaint pas ou si peu. Ce qui peut s'expliquer de bien des manières, notamment par le biais d'une corruption notoire et d'un clientèlisme affiché. L'assistanat et la politisation à outrance de maints secteurs ont encore de beaux jours devant eux.

De toute évidence hypnotisée, apathique, cette masse populaire se satisfait de n'importe quel discours émanant du maître de la Wallonie, accaparant volontiers les médias soumis à sa cause.

Dès lors, rien de plus facile pour un despote qui s'ignore de bloquer toute espèce de contestation à l'encontre de ses propos par un gel des négociations. D'où lâche soumission et courbettes dévotes de la part de celles et ceux qui tiennent à lécher les miettes habilement concédées par le Pouvoir, et faire, peu ou prou, tant qu'on y est, la Une des quotidiens dévolus à la Sainte Coalition dont une bonne part des électeurs n'ont pas forcément voulu. Mais ceux-là n'ont rien compris, n'est-il pas ?

C'est aussi la même masse populaire qui grogne et geint de ce que les élections ne parviennent jamais à faire mettre à l'économie et au secteur social le bon pied à l'étrier. Et pour cause... Le monde politique, truffé de mafieux, de corrompus, d'arrivistes veille au grain tandis que les gens votent toujours de la même façon. 
 
Il est avéré que bon nombre des hérauts de la politique qui promettent monts et merveilles s'astreignent, avant toute chose, à prendre soin de leurs intérêts personnels. Si le fait était mensonger le peuple le saurait depuis longtemps. Et pourtant il s'en satisfait.

L'infecte particratie qui mine la scène politique belge est toute affairée à la conservation de ses peaux de chagrins à tous les échelons – surmultipliés ! de pouvoir. Le vrai débat d'idées n'a plus cours au plat pays, qui manque décidément de relief mental.

Dans ce panier de crabes se trouvent mêlés - hélas pour eux, de rares personnalités intègres. Mais est-il encore facile de le rester lorsqu'on accède à l'une ou l'autre forme de pouvoir et que l'on gravit une à une les marches qui s'éloignent du désintéressement...et des intérêts de la population ?

Si certains représentants politiques n'étaient pas aussi bien rémunérés, accompliraient-ils avec autant d'acharnement leurs tâches : être au service du citoyen avant toute chose ? Assurer la survivance d'une démocratie vraiment égalitaire ? Protéger de toute censure les opinions des opposants, fussent-elles dérangeantes ? Maintenir à flot une justice ne connaissant qu'un poids et une seule mesure ? Offrir aux plus désavantagés de la société de quoi subsister dignement et leur permettre d'accéder aux plus hauts niveaux, que ce soit dans l'enseignement, le monde professionnel ou politique ?
La nature humaine étant ce qu'elle est – et nous l'ayant maintes fois prouvé, gageons qu'ils lâcheraient beaucoup plus aisément leur os.

Cependant la chose politique, puisqu'elle concerne tout le monde, doit être assumée par des responsables...qui font surtout preuve d'impéritie dans bien des cas. Hélas, une fois de plus, si les responsabilités des uns et des autres fondent souvent comme neige au soleil sans laisser de traces, ce sont les citoyens qui trinquent et les mêmes têtes qui ne tombent jamais.

Pourtant, en toute chose vient un moment où il faut accomplir un nettoyage. Le grand. Celui qui assainit, tant les idées que les méthodes. Et cela ne peut aller sans l'apport d'un sang neuf, de vraies remises en questions, de nouvelles visions d'avenir et encore et toujours le souci constant de la chose publique plutôt que de l'image et l'ascendant d'un quelconque parti sur la totalité des autres.

Tant que le Pouvoir ne s'oppose au peuple par la force – c'est le cas des pays « mous », comme la Belgique, c'est le peuple qui doit exiger de détenir un droit de regard, un droit de contestation, de sanction et de récusation. Et pour que le pouvoir ne se retourne pas un jour contre le peuple, ni n'en vienne à des pratiques antisociales, il importe que les citoyens éveillent au plus haut degré leur conscience, s'informent, s'instruisent, se forment et critiquent ; demeurent vigilants et s'investissent avec civisme dans la vie citoyenne, associative et politique. C'est le contraire qui est anormal.

Lorsque le Pouvoir, hypocritement, se défend de toute dictature, il préfère alors pratiquer la ruse et s'entend à étendre en toute occasion les effets d'une manipulation bien étudiée. Avec les résultats qu'aucun citoyen ne peut plus ignorer.

Rien de plus facile que d'endormir une population, machiavéliquement abêtie (ou considérée comme telle), grâce au football, aux événements (qui n'en sont pas) festifs ou sportifs ; l'usage quotidien de l'assommoir des faits divers sans intérêts ; aux jeux d'argent ; l'incitation à la dépendance au consumérisme ou aux réseaux sociaux ; à la désinformation, la contradiction, la confusion dont on fait un plat régulièrement réchauffé pour ceux qui se contentent du prêt-à-penser.

Confrontés au marasme belge, les bons grognards, pourtant enlisés jusqu'au cou dans le conventionnel conformisme politique de papa, ne voient pas que tout cela aura une fin. Mais pas forcément celle qu'ils supputent.

D'ailleurs, comment peuvent-ils concevoir qu'il serait beaucoup plus sain et honnête d'outrepasser le sentimentalisme belgicopatriotique psychorigide, cette espèce de pathologie belgophile qui se répand au gré des effets de manches médiatiques et de gros coup de publicités unitaristes sensés nous présenter notre pays comme n'étant ni mieux ni pire qu'un autre. Et de s'en contenter avec un sourire benêt ? Dans leur état d'esprit, c'est désespérant.

Faut-il sous-entendre par leur idolâtrie qu'il conviendrait d'oublier tout projet de dissolution nationale pour préférer un « digne » enchaînement à la « mère-patrie » (et à n'importe quel prix) ? Tout, fut-ce l'esclavagisme et les larmes amères, oui tout plutôt que de songer à reconsidérer de fond en comble d'autres perspectives d'avenir pour les parties concernées par le haut mal belge ? Apparemment. Les votes d'un certain électorat en font foi.

Bien sûr, aucun pays n'est de « cocagne » dès qu'il se trouve sous la coupe d'une dictature qui se planque sous des allures de démocratie. Le propre des dictatures est de se croire indéboulonnables. Or, invariablement, il apparaît que celles-ci se trouvent un jour ou l'autre acculées au réveil des populations.

Ne vivant (heureusement pas !) en Chine, nous n'avons pas à craindre les chars, les camps de « rééducations ». Mais si une réelle censure sévit chez nous, nous pouvons encore faire entendre notre voix de bien des façons.

Avez-vous remarqué : rares sont les nations dont nous n'entendons, pour ainsi dire, jamais parler. Les causes en sont diverses, certes, mais devraient nous faire réfléchir sur le peu de nations qui ne connaissent pas de problèmes graves sur bien des plans. Et le cas de l'Europe et de sa monnaie unique devrait nous faire réfléchir quant à leur opportunité, leur bon sens. Si cela nous semble obscur, nous ne pouvons en ignorer les effets qui s'en font ressentir jusque devant nos portes.

Ceci peut aussi nous conduire à songer que ce n'est pas parce que d'autres pays font pire que nous, qu'il nous faut considérer ce qui se passe chez nous comme étant l'expression d'un folklore sociopolitique belgo-belge dont nous devons être fiers sans exiger quoi que ce soit pour que cela évolue positivement !

Si le passé n'a pas donné raison aux bricoleurs de la Belgique, le présent confirme le sentiment d'absence d'avenir pour ce qui ne devait pas être un pays, au lendemain de la révolution. Reste pour les plus éveillés d'entre-nous d'adhérer à d'autres projets, d'apporter notre soutien à des partis qui ne cherchent pas le pouvoir mais à contourner le tunnel dans lequel s'engouffrent à plaisir les esprits clos.

Les portes de sorties existent. Certaines provoquent la hantise chez certains de nos indésirables élus. D'autres parmi ces derniers sont prêts à retourner leur veste, le cas échéant.

A l'écart de ce jeu de quille pour maladroits ou aveugle, se trouvent vilipendés, honnis, celles et ceux qui proposent une issue honorable, parfaitement en rapport avec l'histoire de notre civilisation : nous tourner vers un autre grand pays capable de nous accueillir et nous respecter. Capable de faire de notre Wallonie une région laïque, républicaine, démocratique, reconnue, qui n'aura plus à souffrir comme elle l'a trop souvent fait durant ces dernières décennies et pourra se revendiquer, pour ceux qui le souhaitent, d'un socialisme enfin mis à jour.

Si le changement engendre la crainte, c'est normal. Le pire est qu'il rebute d'autant plus toute personne qui s'accroche à l'un ou l'autre mirage et qui préfère l'illusion, la bouée-PS, l'oubli des blessures qui ne se fermeront pas, l'abdication de ses droits, le détournement de son vote plutôt que la conservation de sa dignité et l'usage de son pouvoir de citoyen.

                                                                                                       J-M. L.

mercredi 8 février 2012

Quand l'Université se désuniversalise


Comment une pensée extrémiste, de quelque bord qu'elle soit, peut-elle prétendre devenir un jour fréquentable ? Si le débat n'a pas fini de faire des vagues, c'est que la question est peut-être mal posée.

Toujours est-il qu'elle met à mal l'orgueil, la mégalomanie de certains universitaires belges qui n'adhèrent manifestement pas aux valeurs démocratiques de notre pays.

Des méthodes fascisantes, terroristes, obscurantistes, violentes n'ont d'évidence pas leur place dans un contexte national démocratique, même si celui-ci est critiquable dans bien des aspects. N'y ont pas non plus leur place en un lieu de débat, même si celui est ouvert aux monde des idées, quelles qu'elles soient.

Il n'en demeure pas moins que l'Histoire nous a généreusement abreuvé de certaines dérives philosophico-politiques et nul n'en ignore plus les conséquences. Et ce n'est certainement pas à l'Université à nous montrer le pire des exemples en la matière.

C'est pourquoi il est d'autant plus consternant d'être confronté à des actions estudiantines révélant que la haine couve toujours, fut-ce dans les lieux « éclairés » d'une pensée qui se veut d'obédience universelle.

Dans le cas présent il ne s'agit plus de chahut de potaches, mais d'incitation au conflit déclaré.

Quelles mesures vont bien pouvoir être prises envers les agitateurs dénonçant une prétendue islamophobie ? Et d'abord, la réaction de ces derniers ne met-elle pas, une fois de plus, en évidence qu'il n'y a jamais de fumée sans feu ?

Si débat il doit absolument y avoir, comment accepter que l'une des parties prenantes ne puisse opposer que la mascarade d'une bande de frustrés ?

Espérer modifier un tant soi peu les mentalités n'est évidemment envisageable qu'en usant des leçons que nous pouvons tirer du passé. Or, il apparaît clairement que certains courants idéologiques ne démordent pas d'une volonté d'annihiler tout discours élévateur de la conscience.

Tant que l'humanisme, tant que la démocratie et la volonté de dialoguer de manière constructive perdurera sur Terre, il faudra s'accommoder de la présence – et de la coexistence, de certaines différences, certains antagonismes, fussent-ils parfois dérangeants.

Ceci dit, il appartient aux promoteurs de démocratie, aux acteurs de paix, de juguler les excès de tous bords déterminés à mettre en péril des tentatives libératoires dont tout le monde tire profit. Y compris, hélas, certains indésirables.

L'intégrisme, le fondamentalisme doivent être absolument écartés de la zone démocratique, de cet espace sensible qui se veut définitivement anti-raciste.

Mais l'imposition des idées par la violence ; l'imposition de l'a-culture ; l'imposition de la barbarie et de l'irrespect des droits humains ont-ils encore sérieusement à voir avec des religions, des courants politiques qui se prétendent tournés vers un avenir serein et dont le but avéré - et idéalisé ; les messages prétendent amener les peuples à la concorde ? Sous l'imposition d'une Pensée Unique ? Certainement pas.

Il est des vérités qui dérangeront toujours. La vérité fait souvent mal. Mais il est des cas où elle ne peut plus être escamotée. Et celle qui met en évidence que le pire ne se situe certainement pas dans la démocratie mais bien dans l'ignorance et la haine doit être clamée haut et fort, plus haut et plus fort que les palabres dogmatiques d'un autre âge. Qui ont largement fait leur preuves, dans le pire.

Aussi, plus que jamais, importe-t-il, d'entrer en résistance, de nous rendre farouchement solidaires des causes pacifistes qui refusent que l'on en vienne à haïr les sociétés d'aujourd'hui, en prônant des idées passéistes, des concepts obsolètes, des projets de « purification » de notre monde moderne qui, quoi qu'on en dise, n'ouvre tout de même pas ses portes qu'à l'ivraie.

                                                                                                         J-M. L.

mercredi 1 février 2012

Ce qui fait défaut à la Wallonie



2011 n'aura guère été un millésime digne d'être fêté, au soir du 31 décembre, que ce soit sur le plan international ou national. On aurait plutôt eu à cœur de scander « no future » sur l'air des bateliers de la Volga.

Et nous n'avons aujourd'hui pas de quoi avoir plus le cœur à la joie. L'ardoise wallonne des faillites recensées l'an dernier était accablante, avec en prime, les pertes d'emplois y associées.

Même si un certain nombre de faillites peuvent être évitées, notamment grâce à la loi de 2009 sur la continuité des entreprises, la situation va empirer en Wallonie.

A bref délai, cette loi ne pourra endiguer la déroute de nouvelles entreprises, entraînant dans son sillage un accroissement du chômage, de la précarité.

L'entrée en récession, si elle ne date pas d'hier, va poursuivre sa croissance, qu'on se le dise, en dépit des messages gouvernementaux qui se veulent apaisants (on sait désormais à quoi s'en tenir quant à leur validité !). Finie la grève, oubliée la rogne, passons à autre chose et continuons à sabrer dans le tas, se dit-on en haut lieu...

Après nous avoir seriné que « nous » avons à faire des économies – tout à fait comme si le citoyen était le premier et direct responsable du marasme économique ; tout comme si la « dette » qu'on lui assène était la sienne propre, voilà que du coté monarchique on se mêle de nous bêler l'air archi-resuçé de l'unitariste qui frise une véritable lèche électoraliste dans son genre.

C'est vraiment faire peu de cas du citoyen, que de prétendre « faire des économies » sur son dos. 

C'est mettre une Wallonie sur la paille et lui ôter le pain de la bouche que de prétendre augmenter l'impôt. 

Car ce ne saurait en aucun cas être la crise du citoyen, mais bien celle d'un cheptel politique, d'une Europe malades de mal gouvernance. Europe dont, peut-être, le bien-fondé devrait être remis en cause. Citoyen qui n'a pas à payer les pots qu'il n'a pas cassés !

La consultation populaire demandée par le député Westphael est bien la moindre des choses que tout européen est en droit d'exiger. Mais il s'agit d'une voix qui se perd dans le brouhaha médiatique des tenants du pouvoir.

Pendant ce temps il est un monarque qui nous serine, la bouille extasiée, qu'il (nous!) faut transformer les situations de crises (en se gardant de rappeler leurs origines!) en changement positifs. Sans blague, voilà du neuf !

Un vrai changement consisterait en une abdication pure et simple au profit d'une république. Juste pour commencer. Pour alléger un tantinet « notre » dette.

Puis à laisser la Flandre naviguer dans les eaux qu'elle s'est choisie. Bon voyage et bon vent, la paille au c...l et le feu dedans !

Et ensuite offrir à la Wallonie la légitime liberté de se choisir un nouveau destin.

Vous avez dit une Belgique stable, Sire ? Et vous de même, messieurs les courtisans ? Donc avec plus de récession, plus « d'économies », plus de faillites, plus de corruptions, plus plus de délocalisations, moins d'emplois, toujours autant de ministres, plus de commissions, plus de chômage ? etc... 
Enfin, comme d'habitude, quoi. C'est bien ainsi que nous l'avions compris : unis sur le même radeau pourri.

Si certains se posent la question de savoir si la crise de 2008 a bien eu lieu (!), c'est l'évidence : autant que les précédentes qui, toutes, nous ont mené à vivre si joyeusement celle d'aujourd'hui qui n'a pas plus à être supportée par les citoyens. « Crises » qui ne sont pas qu'affaires d'argent, loin de là, mais aussi de langue, de culture, de visions d'avenir.

Outre des budgets, ce dont la Wallonie à AUSSI grand besoin, ce sont des valeurs républicaines, une culture humaniste, une fierté (pas forcément placée dans le football ou le tennis,...) ; de femmes et d'hommes désintéressés qui osent mettre le nez des élus du quatuor « traditionnel » dans leurs frasques, et s'engagent dans une voie politique axée sur le démocratique partage des patrimoines, des valeurs, des budgets et des pouvoirs.


                                                                                                  J-M. L.