Outre
que, depuis que l'Europe se mêle d'outrepasser à la souveraineté
de ses pays membres et qu'elle leur impose l'anglo-américain comme
langue unique pour ses rapports tant internes qu'externes, la langue
française se voit fortement mise à mal partout où elle s'utilise
couramment depuis des siècles, des suites d'une anglicisation
forcenée, ne voilà-t-il pas que la population francophone de
Belgique pourrait se voir contrainte (pour autant que le Conseil
supérieur de l'audiovisuel donne son approbation à la ministre
Fadila Laanan) de subir l'imposition d'un quota d’œuvres
néerlandophones...sur les ondes francophones.
De
toute évidence il n'est jamais trop tard pour s'engager dans une
espèce de fayotage, caractéristique d'une tendance politique
écarlate qui tient apparemment à ne pas être en reste de
compromissions, et ce dans la perspective de caresser le lion des Flandres
dans le sens du poil. Le désœuvrement guette-t-il à ce point le
ministère de l'audiovisuel pour que sa représentante mette sur
le tapis communautaire un projet qui n'a de sens que pour une certaine
stratégie électoraliste ?
Comment
se fait-il que ce genre de préoccupation soit soudainement – mais
bien dans l'air du temps, après tout, mis en avant ? Comme s'il
n'existait pas déjà quantités de stations dont tout citoyen un tantinet ouvert sur le monde est
parfaitement au fait de l'existence et absolument libre d'écouter ou
non. « Libre » est bien le terme le plus en contradiction
avec « quota » et c'est justement ce qui interpelle. Interpellé
il y a de quoi l'être, en effet, face à l'hyper-réglementation à
laquelle s'attellent nos ministres.
Car,
au nom de quoi cherche-t-on à imposer des artistes, des productions
néerlandophones au sein même des programmes radios francophones ?
Alors, au nom du libre choix des auditeurs ? Au nom d'une
réciprocité de bon aloi ? S'agit-il encore là d'une pratique
démocratique ou d'une mise à genoux devant une Flandre
ardemment courtisée ?
Tant
que nous y sommes, à quand un quota sur la qualité des œuvres, toutes origines confondues ;
sur la pertinence des programmes politiques de la classe politique ;
sur la politique d'intégration et du respect des règles
démocratiques de ce pays ; sur les inaptitudes patentes, les
lâchetés, l'hypocrisie ou les mensonges proférés par nos
édiles ainsi que sur leur quête permanente d'intérêts
personnels ; sur le financement des cultes ; sur tout ce
qui, en gros et en détail mine, grignote, gangrène peu à peu
Bruxelles et la Wallonie en continuant à faire le lit du
chômage et de la pauvreté ? Terreau éminemment producteur
d'électeurs assujettis au PS. Le trucage est tellement grossier
qu'il ne fait même plus rire mais frissonner.
Comment
ne pas voir tout cela, dans un tel projet aussi faussement « innocent »
et aussi peu opportun dans la période troublée que vit le pays ?
Pour
ce qui est des radios, nul besoin d'un quelconque quota : un
vaste choix d’œuvres et d'artistes en tous genres existe déjà
depuis leur création ! Il suffit de sélectionner l'une ou
l'autre stations et il n'est nul besoin d'assommer les auditeurs, de
les prendre en otages, tenter de penser à leur place, de leur
imposer ce qu'ils ne veulent pas – ou plus, entendre.
L'incongru
projet de Mme Laanan figure bel et bien une inadmissible ingérence,
non seulement dans le libre choix de programmation des radios mais
aussi dans la liberté d'expression et le libre arbitre du citoyen.
Avec
cette irrépressible démangeaison de quota, ne s'agirait-il pas de
prendre l'auditeur pour un vulgaire consommateur, une espèce de
chose tout juste bonne à consommer avidement ce que le Pouvoir lui
dicte formellement d'écouter, de comprendre, de choisir et, à
terme, de penser ? Un être sans cervelle qu'il suffit de
prendre par l'oreille et la lui tenir, de force, grande ouverte en
direction des échos musicaux néerlandophones...dont les trois
quarts des productions sont émises en anglais, ce qui peut s'écouter
sur un nombre incalculable d'autres chaînes ?
A moins qu'il ne
s'agisse, par pure bonté d'âme, d'une nouvelle façon de se
préparer à une prochaine domination de la Wallonie par la
Flandre en vantant la langue de Vondel pour ceux qui auraient
l'outrecuidance de ne pas l'écouter, ni d'en user, fut-ce à
Bruxelles ou dans le sud du pays ? Histoire, encore, d'obliger les
francophones à « reconnaître » l'impérieuse nécessité
d'une fraternisation nord-sud qui n'a jamais eu lieu...(et pour
cause!) ?
En
conséquence, cet espoir d'établir un quota d’œuvres
néerlandophones au sein même de l'ensemble des radios francophones
constitue bel et bien une scandaleuse atteinte à la démocratie. Et
dans cet état d'esprit pour le moins suspect, pourquoi, ensuite, ne
pas imposer d'autres quotas, quant au genre, quant à l'origine
ethnique des œuvres ?
Les quotas, nous n'ignorons plus ce que
cela donne dans toutes les grandes administrations du pays. On sait
(grâce au courage du Colonel Gennart) ce que cela induit dans
l'armée « belge ». Et l'on sait ce que cela engendrera,
à terme. Mais il semble que certains de nos ministres l'ignorent
encore ou feignent, à dessein, de ne pas s'en soucier.
A
faire ainsi profil bas aux exigences du nord, le PS et ses éternels
satellites s'assurent un électorat facile, benêt, qui persistera à
se laisser engloutir avec son idole, si « populaire »,
dans un marasme qui finira par faire de la Wallonie une pathétique
succursale du quart-monde.
Vous
avez dit quota, Madame Laanan ? Soit un pas de plus vers une
dictature qui s'affiche de plus en plus. Merci pour les
citoyens francophones qui n'ont plus qu'à s'aligner sur vos propres
choix !