mercredi 7 mars 2012

Que ne ferait-on pas pour plaire à la Flandre...



Outre que, depuis que l'Europe se mêle d'outrepasser à la souveraineté de ses pays membres et qu'elle leur impose l'anglo-américain comme langue unique pour ses rapports tant internes qu'externes, la langue française se voit fortement mise à mal partout où elle s'utilise couramment depuis des siècles, des suites d'une anglicisation forcenée, ne voilà-t-il pas que la population francophone de Belgique pourrait se voir contrainte (pour autant que le Conseil supérieur de l'audiovisuel donne son approbation à la ministre Fadila Laanan) de subir l'imposition d'un quota d’œuvres néerlandophones...sur les ondes francophones.

De toute évidence il n'est jamais trop tard pour s'engager dans une espèce de fayotage, caractéristique d'une tendance politique écarlate qui tient apparemment à ne pas être en reste de compromissions, et ce dans la perspective de caresser le lion des Flandres dans le sens du poil. Le désœuvrement guette-t-il à ce point le ministère de l'audiovisuel pour que sa représentante mette sur le tapis communautaire un projet qui n'a de sens que pour une certaine stratégie électoraliste ?

Comment se fait-il que ce genre de préoccupation soit soudainement – mais bien dans l'air du temps, après tout, mis en avant ? Comme s'il n'existait pas déjà quantités de stations dont tout citoyen un tantinet ouvert sur le monde est parfaitement au fait de l'existence et absolument libre d'écouter ou non. « Libre » est bien le terme le plus en contradiction avec « quota » et c'est justement ce qui interpelle. Interpellé il y a de quoi l'être, en effet, face à l'hyper-réglementation à laquelle s'attellent nos ministres.
 
Car, au nom de quoi cherche-t-on à imposer des artistes, des productions néerlandophones au sein même des programmes radios francophones ? Alors, au nom du libre choix des auditeurs ? Au nom d'une réciprocité de bon aloi ? S'agit-il encore là d'une pratique démocratique ou d'une mise à genoux devant une Flandre ardemment courtisée ?

Tant que nous y sommes, à quand un quota sur la qualité des œuvres, toutes origines confondues ; sur la pertinence des programmes politiques de la classe politique ; sur la politique d'intégration et du respect des règles démocratiques de ce pays ; sur les inaptitudes patentes, les lâchetés, l'hypocrisie ou les mensonges proférés par nos édiles ainsi que sur leur quête permanente d'intérêts personnels ; sur le financement des cultes ; sur tout ce qui, en gros et en détail mine, grignote, gangrène peu à peu Bruxelles et la Wallonie en continuant à faire le lit du chômage et de la pauvreté ? Terreau éminemment producteur d'électeurs assujettis au PS. Le trucage est tellement grossier qu'il ne fait même plus rire mais frissonner.

Comment ne pas voir tout cela, dans un tel projet aussi faussement « innocent » et aussi peu opportun dans la période troublée que vit le pays ?

Pour ce qui est des radios, nul besoin d'un quelconque quota : un vaste choix d’œuvres et d'artistes en tous genres existe déjà depuis leur création ! Il suffit de sélectionner l'une ou l'autre stations et il n'est nul besoin d'assommer les auditeurs, de les prendre en otages, tenter de penser à leur place, de leur imposer ce qu'ils ne veulent pas – ou plus, entendre.

L'incongru projet de Mme Laanan figure bel et bien une inadmissible ingérence, non seulement dans le libre choix de programmation des radios mais aussi dans la liberté d'expression et le libre arbitre du citoyen.

Avec cette irrépressible démangeaison de quota, ne s'agirait-il pas de prendre l'auditeur pour un vulgaire consommateur, une espèce de chose tout juste bonne à consommer avidement ce que le Pouvoir lui dicte formellement d'écouter, de comprendre, de choisir et, à terme, de penser ? Un être sans cervelle qu'il suffit de prendre par l'oreille et la lui tenir, de force, grande ouverte en direction des échos musicaux néerlandophones...dont les trois quarts des productions sont émises en anglais, ce qui peut s'écouter sur un nombre incalculable d'autres chaînes ? 

A moins qu'il ne s'agisse, par pure bonté d'âme, d'une nouvelle façon de se préparer à une prochaine domination de la Wallonie par la Flandre en vantant la langue de Vondel pour ceux qui auraient l'outrecuidance de ne pas l'écouter, ni d'en user, fut-ce à Bruxelles ou dans le sud du pays ? Histoire, encore, d'obliger les francophones à « reconnaître » l'impérieuse nécessité d'une fraternisation nord-sud qui n'a jamais eu lieu...(et pour cause!) ?

En conséquence, cet espoir d'établir un quota d’œuvres néerlandophones au sein même de l'ensemble des radios francophones constitue bel et bien une scandaleuse atteinte à la démocratie. Et dans cet état d'esprit pour le moins suspect, pourquoi, ensuite, ne pas imposer d'autres quotas, quant au genre, quant à l'origine ethnique des œuvres ? 

Les quotas, nous n'ignorons plus ce que cela donne dans toutes les grandes administrations du pays. On sait (grâce au courage du Colonel Gennart) ce que cela induit dans l'armée « belge ». Et l'on sait ce que cela engendrera, à terme. Mais il semble que certains de nos ministres l'ignorent encore ou feignent, à dessein, de ne pas s'en soucier.

A faire ainsi profil bas aux exigences du nord, le PS et ses éternels satellites s'assurent un électorat facile, benêt, qui persistera à se laisser engloutir avec son idole, si « populaire », dans un marasme qui finira par faire de la Wallonie une pathétique succursale du quart-monde.

Vous avez dit quota, Madame Laanan ? Soit un pas de plus vers une dictature qui s'affiche de plus en plus. Merci pour les citoyens francophones qui n'ont plus qu'à s'aligner sur vos propres choix !