dimanche 6 mai 2012

LA FRANCE ETOFFE SON ARSENAL


La France sort de ses usines une bombe d'un type apparemment connu : H. Comme Hollande.

Une France mitigée, dont une moitié croit avoir connu le pire (alors qu'il est encore à venir) et l'autre moitié s'imagine qu'elle peut entonner son chant de gloire alors qu'elle ne trône jamais que sur un tas de fumier.
Cette France androgyne a donné son verdict et choisi un invertébré pour président. Un mollusque dont le règne risque fort de s'avérer délicat, difficile sinon éphémère, sachant que plus de la moitié des français n'en voulaient pas aux gouvernes de leur pays. Et ce n'aura pas été faute d'alternative.
Au delà des spéculations prévisionnelles, des bilans, il demeure les mots, de pauvres mots pour dire l'amertume, le dépit, la consternation. Quand tous les arguments du monde ne se résument plus qu'à des chiffres on se sent faible, fragile, dérisoire sinon pitoyable lorsque ces mêmes chiffres ne parviennent pas à faire franchement pencher la balance.
La démocratie a parlé. Admettons. Mais qu'en font ses usagers ? La France vient de donner une image d'elle mollassonne, à l'identique du sud de la Belgique, dont le coquelet empapillonné doit se prendre à rêver d'une Universelle Internationale béate et rédemptrice.
Mais la France est-elle à plaindre pour autant ? Ni plus ni moins que la Belgique puisque désormais elle navigue sous le même pavillon rouge...à bord d'un paquebot dont le gouvernail est faussé et qui prend l'eau de toutes parts. On n'a jamais que les dirigeants que l'on mérite.
Où sont les Lumières d'antan ? De deux maux, les français ont probablement choisi le pire. Au mépris des avertissements, ils ont joué avec les allumettes en n'y voyant que le feu de l'innocence. Mais le réveil sera dur. Pour tout dire, il sera à la mesure de l'indigence cérébrale de millions d'électeurs. Maladie épidémique dont souffre d'ailleurs notre Wallonie...de "Cocagne".
Inutile d'en faire à nouveau l'inventaire, le palmarès du socialisme dans le monde est éloquent quant à ses « succès ». Pas quoi mettre un demi-pays en liesse... Nous qui rêvions d'une France libertaire, tournée vers le vrai changement, nous pouvons nous préparer à sortir les mouchoirs et ranger les drapeaux tricolores. Car il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser.
Dommage que nous, pauvres Wallons, ne sommes pas encore français. Sans doute aurions-nous pu contribuer à infléchir le cours de l'Histoire dans un tout autre sens. C'est probablement toute l'Europe qui va s'en mordre les doigts. Déjà que celle-ci n'a rien d'une réussite, pas plus que son euro, le rouge est mis qui ne va rien arranger.
Une fois de plus, la France a trébuché, tandis que sur le siège présidentiel – que l'on souhaiterait plus éjectable que cela, il est un pantin qui mouille d'aise son nouveau lange. Les esclaves-nés ne se choisissent-ils pas les maîtres qui leurs ressemblent ? Pauvre France qui risque d'offrir un panorama économique similaire à celui de la Wallonie...
Le pire, avec ce que nous réserve la bombe « H », est que le chemin des futurs prétendants à la présidence sera désormais semé de terribles embûches. Dans un premier temps nous n'irons certainement pas vers un printemps français, mais vers une morne apathie et d'amers remords. Une bonne part des français vient de réussir à prouver que les humains vont toujours jusqu'au bout de leur bêtise – avec tout ce que cela implique comme conséquences, avant de commencer à battre en retraite, à rugir et à se révolter.
Les jeux sont faits et rien ne va plus, tandis que beaucoup d'entre les Français, et des Wallons qui le sont de cœur souhaitent à présent que le temps passe très vite.
Place ! Place ! Sa Grandeur va pouvoir entamer séance tenante son jeu de massacre. Car il y aura des têtes à faire tomber, des copains à placer, des passe-droits à distribuer, des lois ineptes à ratifier dans la bonne tradition socialiste dont les effets ne vont pas tarder à se faire sentir. 
Le peuple a voté ? Parfait, qu'il la ferme à présent ! Comme les 18 % d'abstentionnistes.





mercredi 7 mars 2012

Que ne ferait-on pas pour plaire à la Flandre...



Outre que, depuis que l'Europe se mêle d'outrepasser à la souveraineté de ses pays membres et qu'elle leur impose l'anglo-américain comme langue unique pour ses rapports tant internes qu'externes, la langue française se voit fortement mise à mal partout où elle s'utilise couramment depuis des siècles, des suites d'une anglicisation forcenée, ne voilà-t-il pas que la population francophone de Belgique pourrait se voir contrainte (pour autant que le Conseil supérieur de l'audiovisuel donne son approbation à la ministre Fadila Laanan) de subir l'imposition d'un quota d’œuvres néerlandophones...sur les ondes francophones.

De toute évidence il n'est jamais trop tard pour s'engager dans une espèce de fayotage, caractéristique d'une tendance politique écarlate qui tient apparemment à ne pas être en reste de compromissions, et ce dans la perspective de caresser le lion des Flandres dans le sens du poil. Le désœuvrement guette-t-il à ce point le ministère de l'audiovisuel pour que sa représentante mette sur le tapis communautaire un projet qui n'a de sens que pour une certaine stratégie électoraliste ?

Comment se fait-il que ce genre de préoccupation soit soudainement – mais bien dans l'air du temps, après tout, mis en avant ? Comme s'il n'existait pas déjà quantités de stations dont tout citoyen un tantinet ouvert sur le monde est parfaitement au fait de l'existence et absolument libre d'écouter ou non. « Libre » est bien le terme le plus en contradiction avec « quota » et c'est justement ce qui interpelle. Interpellé il y a de quoi l'être, en effet, face à l'hyper-réglementation à laquelle s'attellent nos ministres.
 
Car, au nom de quoi cherche-t-on à imposer des artistes, des productions néerlandophones au sein même des programmes radios francophones ? Alors, au nom du libre choix des auditeurs ? Au nom d'une réciprocité de bon aloi ? S'agit-il encore là d'une pratique démocratique ou d'une mise à genoux devant une Flandre ardemment courtisée ?

Tant que nous y sommes, à quand un quota sur la qualité des œuvres, toutes origines confondues ; sur la pertinence des programmes politiques de la classe politique ; sur la politique d'intégration et du respect des règles démocratiques de ce pays ; sur les inaptitudes patentes, les lâchetés, l'hypocrisie ou les mensonges proférés par nos édiles ainsi que sur leur quête permanente d'intérêts personnels ; sur le financement des cultes ; sur tout ce qui, en gros et en détail mine, grignote, gangrène peu à peu Bruxelles et la Wallonie en continuant à faire le lit du chômage et de la pauvreté ? Terreau éminemment producteur d'électeurs assujettis au PS. Le trucage est tellement grossier qu'il ne fait même plus rire mais frissonner.

Comment ne pas voir tout cela, dans un tel projet aussi faussement « innocent » et aussi peu opportun dans la période troublée que vit le pays ?

Pour ce qui est des radios, nul besoin d'un quelconque quota : un vaste choix d’œuvres et d'artistes en tous genres existe déjà depuis leur création ! Il suffit de sélectionner l'une ou l'autre stations et il n'est nul besoin d'assommer les auditeurs, de les prendre en otages, tenter de penser à leur place, de leur imposer ce qu'ils ne veulent pas – ou plus, entendre.

L'incongru projet de Mme Laanan figure bel et bien une inadmissible ingérence, non seulement dans le libre choix de programmation des radios mais aussi dans la liberté d'expression et le libre arbitre du citoyen.

Avec cette irrépressible démangeaison de quota, ne s'agirait-il pas de prendre l'auditeur pour un vulgaire consommateur, une espèce de chose tout juste bonne à consommer avidement ce que le Pouvoir lui dicte formellement d'écouter, de comprendre, de choisir et, à terme, de penser ? Un être sans cervelle qu'il suffit de prendre par l'oreille et la lui tenir, de force, grande ouverte en direction des échos musicaux néerlandophones...dont les trois quarts des productions sont émises en anglais, ce qui peut s'écouter sur un nombre incalculable d'autres chaînes ? 

A moins qu'il ne s'agisse, par pure bonté d'âme, d'une nouvelle façon de se préparer à une prochaine domination de la Wallonie par la Flandre en vantant la langue de Vondel pour ceux qui auraient l'outrecuidance de ne pas l'écouter, ni d'en user, fut-ce à Bruxelles ou dans le sud du pays ? Histoire, encore, d'obliger les francophones à « reconnaître » l'impérieuse nécessité d'une fraternisation nord-sud qui n'a jamais eu lieu...(et pour cause!) ?

En conséquence, cet espoir d'établir un quota d’œuvres néerlandophones au sein même de l'ensemble des radios francophones constitue bel et bien une scandaleuse atteinte à la démocratie. Et dans cet état d'esprit pour le moins suspect, pourquoi, ensuite, ne pas imposer d'autres quotas, quant au genre, quant à l'origine ethnique des œuvres ? 

Les quotas, nous n'ignorons plus ce que cela donne dans toutes les grandes administrations du pays. On sait (grâce au courage du Colonel Gennart) ce que cela induit dans l'armée « belge ». Et l'on sait ce que cela engendrera, à terme. Mais il semble que certains de nos ministres l'ignorent encore ou feignent, à dessein, de ne pas s'en soucier.

A faire ainsi profil bas aux exigences du nord, le PS et ses éternels satellites s'assurent un électorat facile, benêt, qui persistera à se laisser engloutir avec son idole, si « populaire », dans un marasme qui finira par faire de la Wallonie une pathétique succursale du quart-monde.

Vous avez dit quota, Madame Laanan ? Soit un pas de plus vers une dictature qui s'affiche de plus en plus. Merci pour les citoyens francophones qui n'ont plus qu'à s'aligner sur vos propres choix !






lundi 27 février 2012

LES ALLIANCES DETONANTES



Le CD&V et la N-VA viennent d'effectuer une manœuvre de rapprochement. La formule s'avérera peut-être explosive. Ou pour le moins à retardement, car le signal envoyé à la Flandre par cet aplanissement de « minimes différences » (selon notre ministre de la Défense) entre les deux partis ne sera pas perdu pour tout le monde.

Même si ce pacte n'est conclu qu'au sein d'une commune telle que Aalter (le fief de De Crem) il n'empêche que ce qui passe pour anecdotique pourrait très bien faire boule de neige et ouvrir la voie à des suites qui ne feraient que renforcer (si besoin était encore) la Flandre dans son idéologie nationaliste, terreau de la lente mais continue dissolution du pays.

Le tout frais arrivage de 20 mandataires du VB rejoignant les rangs de la N-VA va bien dans ce sens et n'augure rien de bon pour le petit empire di rupien. Quant à M. Didier Reynders, qui, dans sa fatuité se prend à rêver à un « printemps wallon » (il serait temps !), il ne se doute pas combien ce rêve naïf risque fort de tourner en cauchemar.

D'abord parce que la Wallonie ne connaît qu'une sempiternelle saison : la rouge automnale. Ensuite parce que la grande majorité des wallons aurait à apprendre à se désobstruer l'esprit, sursaturé des principes politiquement corrects inculqués par les animateurs attitrés du Muppet-Show politique belge.

En effet, il n'est rien de plus laborieux, de plus accablant, de plus désespérant que de tenter de montrer la sortie à un wallon qui tourne dans la cage de l'invariable Quartet dominateur. Il faudrait qu'il consente surtout à s'ôter du nez cet anneau qui permet au premier phraseur empapillonné venu de le mener là où ce dernier le désire, c'est-à-dire partout et n'importe où, en ces lieux de la raison où la lucidité, la mémoire, la dignité, le courage du wallon y font tragiquement défaut.

La crainte du changement, l'âge, le désappointement, l'appréhension de ce qui n'est pas compris, la peur de la complexité, l'attrait de la facilité et de la lâche abstention, du ridicule vote blanc, voilà les échappatoires convenant à des milliers de citoyens qui contribuent à cette pathétique irresponsabilité qui conforte la classe politique dans ce qu'elle juge la "populace" comme incompétente, abêtie, et tellement docile qu'elle lui tombe toute chaude, toute rôtie dans les urnes...ou à côté.

Ce pauvre petit wallon, qui vote plus par conformisme sociopolitique que par conviction raisonnée, comment peut-il admettre l'évidence ; remettre ses choix en question ? C'est tout bonnement impensable pour ses convictions arrêtées en bout de course.

Et il s'agit bien de cela, d'une foncière incapacité à faire taire en lui la voix du dogme, les principes d'une tradition aussi poussive que poussiéreuse qui étouffe toute velléité de la raison. Comment cette dernière pourrait-elle espérer se trouver au diapason de la réalité des faits ? Les pieds dans une pauvreté chevillée au corps et la tête anesthésiée par des flots de mensonges dilués dans la maestria médiatique, l'esclave finit souvent par s'éprendre de son maître.

On considère le parti de papa, le vote fonctionnarisé de père en fils, comme une construction mentale des plus rationnelles et inattaquable, quoi que le quotidien puisse asséner comme contrevérité. 

Que ce soit par le plus trivial des népotismes, que ce soit par l'un ou l'autre effet artificiellement attractif, l'inclination à un courant de mode le plus stupide ou par un nocif désabusement, le citoyen mou refuse de faire l'effort de s'ouvrir à une nouvelle vision de la société - dont, cependant, il n'a de cesse de se plaindre et de vouer aux gémonies. Mais pas question, pour lui, de sortir des sentiers battus du conformisme électoral idéalisé une fois pour toutes. Où irions-nous !

En vérité, l'esclave soumis n'est guère enclin à mettre en doute la parole, les commandements, les promesses de son maître, dont le pouvoir permet de penser pour tous ceux qui lui sont soumis. En se taisant, en ne se révoltant pas, l'esclave contribue à faire la force de son maître.

Dans une Europe - et donc une Belgique, gouvernée par la finance, que la honte s'abatte sur celles et ceux qui, aux prochaines élections - et même avant ou après, se tairont, opteront encore et toujours pour un indigne assujettissement aux banquiers, aux eurocrates, aux gouvernants qui s'arrogent le droit de mépriser leurs peuples.

Pour changer de monde il faut changer de vie, donc SE penser autrement, pour agir de manière novatrice, sans attendre un miracle qui n'existera pas. Cela peut, par exemple, commencer par refuser tout communautarisme politicard, par changer notre manière de nous informer et enfin de voter. 

 

jeudi 16 février 2012

Non à une Europe-pressoir !


Il est vrai que si avons à nous féliciter de connaître une paix durable entre vieilles nations européennes naguère belliqueuses et nous enorgueillir du projet d’une Europe se destinant à vivre la concorde, le résultat actuel doit faire se retourner dans sa tombe Robert Schuman qui ambitionnait certainement tout autre chose pour les européens.

L’Europe d’aujourd’hui, sous la domination croissante de spéculateurs douteux, s’enlise dans une forme de dictature qui ne craint nullement de s’afficher ouvertement.

C’est désormais la même Europe qui prend inconsciemment le risque de faire se jeter à nouveau les unes contre les autres certaines nations aujourd’hui harcelées ou en voie de l’être très prochainement, sommées de se plier aux invraisemblables conditions budgétaires dictées par les oligarques en cols et cravates de la Commission Européenne.

L’Europe ne peut persévérer dans la voie de l’ingérence, de l’ultralibéralisation, du mondialisme effréné, ni se vouloir une Europe de pauvres au bénéfice des riches. Entre les mains de cette Europe-là nous ne sommes pas entre de bonnes mains, car elle nuit gravement à la démocratie.

Par passivité ou fatalisme stupide ; en abandonnant notre dignité et notre avenir aux Sarkozy, Merkel et consorts, nous les confortons dans leurs funestes projets qui ne sont en rien des projets communs incluant, tel qu’il se devrait, l’approbation légitime des peuples concernés.

Dans l’état actuel des choses, chaque membre du « club » doit revoir sa position, exiger de rester maître dans ses frontières, maître de ses projets, de ses attentes, de ses lois internes et exiger le respect de ses citoyens.

Chaque pays doit exiger de pouvoir quitter l’Union à tout moment et même revendiquer le droit d’abandonner l’euro pour revenir à une monnaie nationale s’il le désire.

Pour ne pas en venir à une situation similaire à celle que connaît la Grèce, nous devons réagir. Nous ne pouvons plus laisser l’Europe décider, pour 500 millions de citoyens, de la façon dont ils seront mis en demeure de se soumettre et de payer plus, encore et toujours plus, pour hisser au pouvoir une Union qui n’aura demain plus rien d’humaniste, de démocratique ni d’enviable.

Parce qu’une telle Union méprisante, liberticide, despotique aura alors à être - comble de l’ironie, combattue pour être poussée à sa perte de la pire manière si nos votes futurs n’y suffisent pas.

Pas de popularité pour les Europicides ! 

                                                                                                                                  J-M. L.

vendredi 10 février 2012

Si on lâchait un chien dans le jeu de quilles ?


Pour augmenter nos chances de sortir la démocratie belge de sa voie de garage et casser le mariage forcé de deux entités - à l'entame de l'union déjà réfractaires à une commune et mythique identité belge, il conviendrait que la masse populaire cesse de se faire complice de la prêtrise séculière toute dévouée au conformisme politique.

Désormais, il est on ne peut plus clair que, dans sa forme et nanti de sa philosophie actuelle, le PS entend régenter l'ensemble de la partie francophone du pays, non content d'être responsable - avec ses partis satellites, de la déliquescence économique et sociale de cette région. Autant dire que les pratiques socialistes belges n'ont aujourd'hui guère plus de commune mesure avec l'esprit socialiste des premières heures de la Belgique.

Le plus ahurissant est qu'il est encore un électorat qui ne s'en plaint pas ou si peu. Ce qui peut s'expliquer de bien des manières, notamment par le biais d'une corruption notoire et d'un clientèlisme affiché. L'assistanat et la politisation à outrance de maints secteurs ont encore de beaux jours devant eux.

De toute évidence hypnotisée, apathique, cette masse populaire se satisfait de n'importe quel discours émanant du maître de la Wallonie, accaparant volontiers les médias soumis à sa cause.

Dès lors, rien de plus facile pour un despote qui s'ignore de bloquer toute espèce de contestation à l'encontre de ses propos par un gel des négociations. D'où lâche soumission et courbettes dévotes de la part de celles et ceux qui tiennent à lécher les miettes habilement concédées par le Pouvoir, et faire, peu ou prou, tant qu'on y est, la Une des quotidiens dévolus à la Sainte Coalition dont une bonne part des électeurs n'ont pas forcément voulu. Mais ceux-là n'ont rien compris, n'est-il pas ?

C'est aussi la même masse populaire qui grogne et geint de ce que les élections ne parviennent jamais à faire mettre à l'économie et au secteur social le bon pied à l'étrier. Et pour cause... Le monde politique, truffé de mafieux, de corrompus, d'arrivistes veille au grain tandis que les gens votent toujours de la même façon. 
 
Il est avéré que bon nombre des hérauts de la politique qui promettent monts et merveilles s'astreignent, avant toute chose, à prendre soin de leurs intérêts personnels. Si le fait était mensonger le peuple le saurait depuis longtemps. Et pourtant il s'en satisfait.

L'infecte particratie qui mine la scène politique belge est toute affairée à la conservation de ses peaux de chagrins à tous les échelons – surmultipliés ! de pouvoir. Le vrai débat d'idées n'a plus cours au plat pays, qui manque décidément de relief mental.

Dans ce panier de crabes se trouvent mêlés - hélas pour eux, de rares personnalités intègres. Mais est-il encore facile de le rester lorsqu'on accède à l'une ou l'autre forme de pouvoir et que l'on gravit une à une les marches qui s'éloignent du désintéressement...et des intérêts de la population ?

Si certains représentants politiques n'étaient pas aussi bien rémunérés, accompliraient-ils avec autant d'acharnement leurs tâches : être au service du citoyen avant toute chose ? Assurer la survivance d'une démocratie vraiment égalitaire ? Protéger de toute censure les opinions des opposants, fussent-elles dérangeantes ? Maintenir à flot une justice ne connaissant qu'un poids et une seule mesure ? Offrir aux plus désavantagés de la société de quoi subsister dignement et leur permettre d'accéder aux plus hauts niveaux, que ce soit dans l'enseignement, le monde professionnel ou politique ?
La nature humaine étant ce qu'elle est – et nous l'ayant maintes fois prouvé, gageons qu'ils lâcheraient beaucoup plus aisément leur os.

Cependant la chose politique, puisqu'elle concerne tout le monde, doit être assumée par des responsables...qui font surtout preuve d'impéritie dans bien des cas. Hélas, une fois de plus, si les responsabilités des uns et des autres fondent souvent comme neige au soleil sans laisser de traces, ce sont les citoyens qui trinquent et les mêmes têtes qui ne tombent jamais.

Pourtant, en toute chose vient un moment où il faut accomplir un nettoyage. Le grand. Celui qui assainit, tant les idées que les méthodes. Et cela ne peut aller sans l'apport d'un sang neuf, de vraies remises en questions, de nouvelles visions d'avenir et encore et toujours le souci constant de la chose publique plutôt que de l'image et l'ascendant d'un quelconque parti sur la totalité des autres.

Tant que le Pouvoir ne s'oppose au peuple par la force – c'est le cas des pays « mous », comme la Belgique, c'est le peuple qui doit exiger de détenir un droit de regard, un droit de contestation, de sanction et de récusation. Et pour que le pouvoir ne se retourne pas un jour contre le peuple, ni n'en vienne à des pratiques antisociales, il importe que les citoyens éveillent au plus haut degré leur conscience, s'informent, s'instruisent, se forment et critiquent ; demeurent vigilants et s'investissent avec civisme dans la vie citoyenne, associative et politique. C'est le contraire qui est anormal.

Lorsque le Pouvoir, hypocritement, se défend de toute dictature, il préfère alors pratiquer la ruse et s'entend à étendre en toute occasion les effets d'une manipulation bien étudiée. Avec les résultats qu'aucun citoyen ne peut plus ignorer.

Rien de plus facile que d'endormir une population, machiavéliquement abêtie (ou considérée comme telle), grâce au football, aux événements (qui n'en sont pas) festifs ou sportifs ; l'usage quotidien de l'assommoir des faits divers sans intérêts ; aux jeux d'argent ; l'incitation à la dépendance au consumérisme ou aux réseaux sociaux ; à la désinformation, la contradiction, la confusion dont on fait un plat régulièrement réchauffé pour ceux qui se contentent du prêt-à-penser.

Confrontés au marasme belge, les bons grognards, pourtant enlisés jusqu'au cou dans le conventionnel conformisme politique de papa, ne voient pas que tout cela aura une fin. Mais pas forcément celle qu'ils supputent.

D'ailleurs, comment peuvent-ils concevoir qu'il serait beaucoup plus sain et honnête d'outrepasser le sentimentalisme belgicopatriotique psychorigide, cette espèce de pathologie belgophile qui se répand au gré des effets de manches médiatiques et de gros coup de publicités unitaristes sensés nous présenter notre pays comme n'étant ni mieux ni pire qu'un autre. Et de s'en contenter avec un sourire benêt ? Dans leur état d'esprit, c'est désespérant.

Faut-il sous-entendre par leur idolâtrie qu'il conviendrait d'oublier tout projet de dissolution nationale pour préférer un « digne » enchaînement à la « mère-patrie » (et à n'importe quel prix) ? Tout, fut-ce l'esclavagisme et les larmes amères, oui tout plutôt que de songer à reconsidérer de fond en comble d'autres perspectives d'avenir pour les parties concernées par le haut mal belge ? Apparemment. Les votes d'un certain électorat en font foi.

Bien sûr, aucun pays n'est de « cocagne » dès qu'il se trouve sous la coupe d'une dictature qui se planque sous des allures de démocratie. Le propre des dictatures est de se croire indéboulonnables. Or, invariablement, il apparaît que celles-ci se trouvent un jour ou l'autre acculées au réveil des populations.

Ne vivant (heureusement pas !) en Chine, nous n'avons pas à craindre les chars, les camps de « rééducations ». Mais si une réelle censure sévit chez nous, nous pouvons encore faire entendre notre voix de bien des façons.

Avez-vous remarqué : rares sont les nations dont nous n'entendons, pour ainsi dire, jamais parler. Les causes en sont diverses, certes, mais devraient nous faire réfléchir sur le peu de nations qui ne connaissent pas de problèmes graves sur bien des plans. Et le cas de l'Europe et de sa monnaie unique devrait nous faire réfléchir quant à leur opportunité, leur bon sens. Si cela nous semble obscur, nous ne pouvons en ignorer les effets qui s'en font ressentir jusque devant nos portes.

Ceci peut aussi nous conduire à songer que ce n'est pas parce que d'autres pays font pire que nous, qu'il nous faut considérer ce qui se passe chez nous comme étant l'expression d'un folklore sociopolitique belgo-belge dont nous devons être fiers sans exiger quoi que ce soit pour que cela évolue positivement !

Si le passé n'a pas donné raison aux bricoleurs de la Belgique, le présent confirme le sentiment d'absence d'avenir pour ce qui ne devait pas être un pays, au lendemain de la révolution. Reste pour les plus éveillés d'entre-nous d'adhérer à d'autres projets, d'apporter notre soutien à des partis qui ne cherchent pas le pouvoir mais à contourner le tunnel dans lequel s'engouffrent à plaisir les esprits clos.

Les portes de sorties existent. Certaines provoquent la hantise chez certains de nos indésirables élus. D'autres parmi ces derniers sont prêts à retourner leur veste, le cas échéant.

A l'écart de ce jeu de quille pour maladroits ou aveugle, se trouvent vilipendés, honnis, celles et ceux qui proposent une issue honorable, parfaitement en rapport avec l'histoire de notre civilisation : nous tourner vers un autre grand pays capable de nous accueillir et nous respecter. Capable de faire de notre Wallonie une région laïque, républicaine, démocratique, reconnue, qui n'aura plus à souffrir comme elle l'a trop souvent fait durant ces dernières décennies et pourra se revendiquer, pour ceux qui le souhaitent, d'un socialisme enfin mis à jour.

Si le changement engendre la crainte, c'est normal. Le pire est qu'il rebute d'autant plus toute personne qui s'accroche à l'un ou l'autre mirage et qui préfère l'illusion, la bouée-PS, l'oubli des blessures qui ne se fermeront pas, l'abdication de ses droits, le détournement de son vote plutôt que la conservation de sa dignité et l'usage de son pouvoir de citoyen.

                                                                                                       J-M. L.

mercredi 8 février 2012

Quand l'Université se désuniversalise


Comment une pensée extrémiste, de quelque bord qu'elle soit, peut-elle prétendre devenir un jour fréquentable ? Si le débat n'a pas fini de faire des vagues, c'est que la question est peut-être mal posée.

Toujours est-il qu'elle met à mal l'orgueil, la mégalomanie de certains universitaires belges qui n'adhèrent manifestement pas aux valeurs démocratiques de notre pays.

Des méthodes fascisantes, terroristes, obscurantistes, violentes n'ont d'évidence pas leur place dans un contexte national démocratique, même si celui-ci est critiquable dans bien des aspects. N'y ont pas non plus leur place en un lieu de débat, même si celui est ouvert aux monde des idées, quelles qu'elles soient.

Il n'en demeure pas moins que l'Histoire nous a généreusement abreuvé de certaines dérives philosophico-politiques et nul n'en ignore plus les conséquences. Et ce n'est certainement pas à l'Université à nous montrer le pire des exemples en la matière.

C'est pourquoi il est d'autant plus consternant d'être confronté à des actions estudiantines révélant que la haine couve toujours, fut-ce dans les lieux « éclairés » d'une pensée qui se veut d'obédience universelle.

Dans le cas présent il ne s'agit plus de chahut de potaches, mais d'incitation au conflit déclaré.

Quelles mesures vont bien pouvoir être prises envers les agitateurs dénonçant une prétendue islamophobie ? Et d'abord, la réaction de ces derniers ne met-elle pas, une fois de plus, en évidence qu'il n'y a jamais de fumée sans feu ?

Si débat il doit absolument y avoir, comment accepter que l'une des parties prenantes ne puisse opposer que la mascarade d'une bande de frustrés ?

Espérer modifier un tant soi peu les mentalités n'est évidemment envisageable qu'en usant des leçons que nous pouvons tirer du passé. Or, il apparaît clairement que certains courants idéologiques ne démordent pas d'une volonté d'annihiler tout discours élévateur de la conscience.

Tant que l'humanisme, tant que la démocratie et la volonté de dialoguer de manière constructive perdurera sur Terre, il faudra s'accommoder de la présence – et de la coexistence, de certaines différences, certains antagonismes, fussent-ils parfois dérangeants.

Ceci dit, il appartient aux promoteurs de démocratie, aux acteurs de paix, de juguler les excès de tous bords déterminés à mettre en péril des tentatives libératoires dont tout le monde tire profit. Y compris, hélas, certains indésirables.

L'intégrisme, le fondamentalisme doivent être absolument écartés de la zone démocratique, de cet espace sensible qui se veut définitivement anti-raciste.

Mais l'imposition des idées par la violence ; l'imposition de l'a-culture ; l'imposition de la barbarie et de l'irrespect des droits humains ont-ils encore sérieusement à voir avec des religions, des courants politiques qui se prétendent tournés vers un avenir serein et dont le but avéré - et idéalisé ; les messages prétendent amener les peuples à la concorde ? Sous l'imposition d'une Pensée Unique ? Certainement pas.

Il est des vérités qui dérangeront toujours. La vérité fait souvent mal. Mais il est des cas où elle ne peut plus être escamotée. Et celle qui met en évidence que le pire ne se situe certainement pas dans la démocratie mais bien dans l'ignorance et la haine doit être clamée haut et fort, plus haut et plus fort que les palabres dogmatiques d'un autre âge. Qui ont largement fait leur preuves, dans le pire.

Aussi, plus que jamais, importe-t-il, d'entrer en résistance, de nous rendre farouchement solidaires des causes pacifistes qui refusent que l'on en vienne à haïr les sociétés d'aujourd'hui, en prônant des idées passéistes, des concepts obsolètes, des projets de « purification » de notre monde moderne qui, quoi qu'on en dise, n'ouvre tout de même pas ses portes qu'à l'ivraie.

                                                                                                         J-M. L.

mercredi 1 février 2012

Ce qui fait défaut à la Wallonie



2011 n'aura guère été un millésime digne d'être fêté, au soir du 31 décembre, que ce soit sur le plan international ou national. On aurait plutôt eu à cœur de scander « no future » sur l'air des bateliers de la Volga.

Et nous n'avons aujourd'hui pas de quoi avoir plus le cœur à la joie. L'ardoise wallonne des faillites recensées l'an dernier était accablante, avec en prime, les pertes d'emplois y associées.

Même si un certain nombre de faillites peuvent être évitées, notamment grâce à la loi de 2009 sur la continuité des entreprises, la situation va empirer en Wallonie.

A bref délai, cette loi ne pourra endiguer la déroute de nouvelles entreprises, entraînant dans son sillage un accroissement du chômage, de la précarité.

L'entrée en récession, si elle ne date pas d'hier, va poursuivre sa croissance, qu'on se le dise, en dépit des messages gouvernementaux qui se veulent apaisants (on sait désormais à quoi s'en tenir quant à leur validité !). Finie la grève, oubliée la rogne, passons à autre chose et continuons à sabrer dans le tas, se dit-on en haut lieu...

Après nous avoir seriné que « nous » avons à faire des économies – tout à fait comme si le citoyen était le premier et direct responsable du marasme économique ; tout comme si la « dette » qu'on lui assène était la sienne propre, voilà que du coté monarchique on se mêle de nous bêler l'air archi-resuçé de l'unitariste qui frise une véritable lèche électoraliste dans son genre.

C'est vraiment faire peu de cas du citoyen, que de prétendre « faire des économies » sur son dos. 

C'est mettre une Wallonie sur la paille et lui ôter le pain de la bouche que de prétendre augmenter l'impôt. 

Car ce ne saurait en aucun cas être la crise du citoyen, mais bien celle d'un cheptel politique, d'une Europe malades de mal gouvernance. Europe dont, peut-être, le bien-fondé devrait être remis en cause. Citoyen qui n'a pas à payer les pots qu'il n'a pas cassés !

La consultation populaire demandée par le député Westphael est bien la moindre des choses que tout européen est en droit d'exiger. Mais il s'agit d'une voix qui se perd dans le brouhaha médiatique des tenants du pouvoir.

Pendant ce temps il est un monarque qui nous serine, la bouille extasiée, qu'il (nous!) faut transformer les situations de crises (en se gardant de rappeler leurs origines!) en changement positifs. Sans blague, voilà du neuf !

Un vrai changement consisterait en une abdication pure et simple au profit d'une république. Juste pour commencer. Pour alléger un tantinet « notre » dette.

Puis à laisser la Flandre naviguer dans les eaux qu'elle s'est choisie. Bon voyage et bon vent, la paille au c...l et le feu dedans !

Et ensuite offrir à la Wallonie la légitime liberté de se choisir un nouveau destin.

Vous avez dit une Belgique stable, Sire ? Et vous de même, messieurs les courtisans ? Donc avec plus de récession, plus « d'économies », plus de faillites, plus de corruptions, plus plus de délocalisations, moins d'emplois, toujours autant de ministres, plus de commissions, plus de chômage ? etc... 
Enfin, comme d'habitude, quoi. C'est bien ainsi que nous l'avions compris : unis sur le même radeau pourri.

Si certains se posent la question de savoir si la crise de 2008 a bien eu lieu (!), c'est l'évidence : autant que les précédentes qui, toutes, nous ont mené à vivre si joyeusement celle d'aujourd'hui qui n'a pas plus à être supportée par les citoyens. « Crises » qui ne sont pas qu'affaires d'argent, loin de là, mais aussi de langue, de culture, de visions d'avenir.

Outre des budgets, ce dont la Wallonie à AUSSI grand besoin, ce sont des valeurs républicaines, une culture humaniste, une fierté (pas forcément placée dans le football ou le tennis,...) ; de femmes et d'hommes désintéressés qui osent mettre le nez des élus du quatuor « traditionnel » dans leurs frasques, et s'engagent dans une voie politique axée sur le démocratique partage des patrimoines, des valeurs, des budgets et des pouvoirs.


                                                                                                  J-M. L.


mardi 31 janvier 2012

Dans cette Wallonie-là, monsieur, on ne rit pas, on paie



Le fédéro-socialisme à la belge nuit gravement à la santé des citoyens.

Leitmotiv tout frais : « Stimuler l'emploi... » Air connu ! Tout à fait le genre de déclaration qui fâche.

Comment stimuler ce qui fait de plus en plus défaut ? Stimuler avec quoi et où:

Dans une Wallonie écrasée sous une pression fiscale féroce qui ne doit plaire qu'aux belgicains ?

Dans une Wallonie en proie à la délocalisation (cherchez la cause...)

Dans une Wallonie peau de chagrin maintenue dans la pauvreté qui assoit d'autant mieux le pouvoir qui l'instille ?

Dans une Wallonie incapable d'assurer une mobilité aisée aux citoyens ne possédant pas de véhicule personnel ?

Dans une Wallonie où nos « experts » en prothèses pansent des jambes de bois avec le sourire et la coupe de champagne à la main ?

Dans une Wallonie dont les dirigeants annoncent sans rire qu'ils sont prêts à réduire leurs salaires pharaoniques de 5% ?

Dans une Wallonie où l'on ne parle que de pauvreté, chômage, immigration galopante ?

Dans une Wallonie qui parle de refinancement des PME et de l'économie...(à la belge) ?

Dans une Wallonie où l'on nous promet d'amputer l'index, de rogner les pensions et de nous faire travailler plus longtemps pour moins de salaire ?

Aussi, face à l'évidence hurlante, pourquoi avoir voté pour celles et ceux qui ont contribué à nous mener de Charybde en Scylla ?

Que l'on se « rassure », les mêmes trouveront les termes anesthésiants (le temps d'un énième mandat) destinés aux citoyens invariablement sensibles aux promesses d'embellies qui ne risquent plus de venir.

Ceux qui veulent changer cela doivent voter pour d'autres aux prochaines élections, dixit M. De Croo.


Nous n'attendions pas les conseils de la Flandre pour nous y préparer !

                                                                                          J-M. L.


jeudi 26 janvier 2012

Tout fait farine au bon moulin



Selon le dernier numéro de "passe-partout", notre « miss Belgique » est, parait-il bien nommée.

Que l 'on prenne encore plaisir à voir des jeunes personnes s'exhiber comme autant
de marchandises, ravies d'êtres traitées comme poupées de rêve en étalage ; que celles-ci nous soient présentées comme des canons de beauté peut paraître futile à d'aucuns. Il faut bien trouver quelque chose à mettre sous le vocable « culture », n'est-il pas et lorsque le football fait défaut l'occasion est toute trouvée de nous encombrer l'esprit avec de pareilles vanités. Et que cela se discute, soit, ce n'est pas notre propos ici.

Nul ne niera qu'il est toujours plus agréable de contempler ce genre de personnes, fussent-elles avides de se donner en spectacle, que de devoir subir certains responsables (?) politiques du plat pays.

Le plus étrange est le propos sous-jacent, bien dans l'air du temps et dont on doit à quelques spécialistes du genre déjà pas mal de sorties « belgicaines » en ces temps de troubles et louches belgitude.

C'est le trilinguisme, cette fois, qui est mis à l'honneur comme gage de référence pour qui veut croire qu'en un si petit pays cela puisse être véritablement utile.

D'un côté nous avons environ 70.000 germanophones, de l'autre un peu moins de 4 millions de francophones auxquels il convient d'additionner ce qui reste de néerlandophones, sans parler les usagers de divers patois qui ont la vie dure un peu partout, plus l'une ou l'autre langues qui nous viennent d'un peu partout depuis que l'immigration fait flores.

Ce n'est donc pas trilingue qu'il faudrait être mais multilingue pour se faire comprendre dans certains microcosmes belges. 

Or, dans la pratique, le commun des mortels belges unilingues, donc « mal nommés », s'en remet à la langue officielle de sa communauté ou de son choix. Quant à l'anglais, sont usage n'est pas de mise au quotidien, excepté pour des fonctions particulières.

Toutefois, qu'une ministre du gouvernement de Bruxelles-Capitale présente le trilinguisme comme étant, de toute évidence, un « exemple belge à suivre » constitue un appel du pied d'un tout autre goût. De plus, on ne nous précise pas de quelles langues il s'agit...

Seulement, le seul fait d'être plurilingue assure-t-il en quoi que ce soit que l'usager figure pour autant un « modèle » d'intelligence, d'humanisme, de solidarité, de respect, de dignité, d'efficience ? Cela reste à voir.

Le côté pratique du multilinguisme est incontestable pour qui entend s'agiter de par le monde. Mais que fait-on de ces fameuses « richesses multiculturelles » que la pratique des langues est censée nous apporter ? Ces dernières nous assurent-elles d'une manière ou d'une autre une paix, une fraternité durables ? A moins que le facteur consommation multipliée soit compris dans l'intérêt du multilinguisme.

Il n'empêche que fustiger les usagers d'une seule langue est d'un goût tout aussi douteux venant de la part d'un pays qui à de la peine à reconnaître du bout des lèvres que l'intégration est bel et bien un échec. La faute à la pénurie de polyglottes, sans doute ?

Dorénavant, faudra-t-il considérer les unilingues comme autant d'attardés mentaux, de réfractaires, d'inconséquents, de handicapés sous prétexte que l'usage d'une seule langue et leur vie durant, leur a amplement suffit pour grandir, devenir mature et fonctionner comme tout un chacun, sans être forcément hermétiques et désolidarisés des autres cultures ?

Le fait de partager une seule ou plusieurs langues n'a jamais suffit à faire de nous des modèles en quoi que ce soit. Il y faut beaucoup plus, pour faire de vertueux humains, pondérés, fréquentables, généreux, pacifistes, désintéressés. 
L'ouverture d'esprit ne saurait provenir du seul usage de plusieurs langues, sinon on le saurait. C'est bien dans l'esprit de ce qui se dit de la musique, ce langage "universel" qui pourtant n'adoucit en rien les mœurs, comme a pu le prouver l'Allemagne nazie.

Et aussi, est-ce d'un intérêt quelconque d'être capable de parler pour ne rien dire, comme le font beaucoup de « Miss » en plusieurs langues ?
Irritante, cette annonce d'une exposante « bien nommée » en guise de couche supplémentaire appliquée sur ce qui subsiste de notre esprit critique. Esprit abondamment souillé par les discours de sauvegarde à tout prix d'une Belgique qui prend un plaisir solitaire à adorer son seul nom.

                                                                                                         J-M. L.


                                                                                                      







lundi 23 janvier 2012

Monologues avec variation sur un air démocratique (III)



L'humain est l'être des défis souvent inutiles, dispendieux, ridicules.

Quand relèvera-t-il - et avec autant d'énergie, de désintéressement, de fougue, d'obstination et de moyens - le défi de faire de la démocratie, de la paix, de la non-violence des valeurs primordiales, incontestables et incontestées ?

*

                                                 VOTER :

                                             Un petit clic
                                    Pour une grande claque

                                         A l'extrême droite

*

Le pouvoir n'est pas au bout du fusil
Un fusil ça se brise. Le courage aussi.
Une idée, jamais.

Le pouvoir du peuple dort trop longtemps
dans son imaginaire, dans sa volonté assoupie.

*

Nous ne savons plus ni donner ni recevoir, tandis que nous distribuons

GRATUITEMENT :

la haine, la violence, des balles et des bombes, des poisons, tous vains cataclysmes à petite et grande échelle qui coûtent très cher.

Que faisons-nous à nos enfants pour qu'ils grandissent si mal ?

*

Depuis l'Antiquité, nous rêvons d'une société régie par les citoyens.

La prétention mesquine au pouvoir fait souvent de certains démocrates les initiateurs de régimes totalitaires, de dictatures déguisées et trop impunies.

Raison majeure pour laquelle le citoyen ne peut se contenter que simplement voter.

*

Ce n'est pas parce que l'on ne sait pas décrocher la Lune qu'il faut se contenter d'y rêver.
Ce n'est pas parce que des dirigeants belliqueux entraînent leur peuple à la guerre qu'il ne faut pas préparer la paix.

*

Lorsque nous « plaçons » de l'argent, nous exigeons les meilleurs taux, nous spéculons et vérifions les comptes, nous attendons des résultats rapides et mirobolants, nous demeurons vigilants.

                  Et si nous faisions de même après avoir voté ?

*

Parce que les criminels n'occupent pas que le bas du pavé, ne renonçons pas à notre droit électoral.

*

Le "meilleur des mondes"
n'est peut-être pas de ce monde,
mais pas plus dans la nostalgie.
Il reste à créer un peu partout, chaque jour.

COMME LA DEMOCRATIE


*

Qui cracherait sur le confort que lui procure un régime qui octroierait, défendrait un maximum de libertés à des conditions équitables et honnêtes ?

Alors, pourquoi contester l'utilité du devoir électoral ?

*

La vraie multiculturalité ne consiste pas en une espèce de respect poli, en une ironie discrète, en l'usage modéré d'une certaine curiosité.

Elle doit signifier, de part et d'autre, remise en question profonde de nos errances, de nos erreurs, de nos croyances.

*

Pour endiguer la marée brune,
il importe que la démocratie change de peau.

Un lifting passe toujours par un
mouvement de jeunes.

*

La démocratie n'a rien à faire avec les marchands de canons ou les détaillants en chaussettes, dès que leur industrie alimente ou soutient un régime liberticide.

On ne meurt pas d'une overdose de boycott.

*

La haine subventionnée en col et cravate n'est pas moindre, pas moins coupable, pas moins stérile que celle qui endoctrine sagement, discrètement, proprement, obstinément

les enfants


*

Dans les pays mafieux
où sévit la loi des plus forts
monnayeurs et des amoraux,
la démocratie est une politique
hors-la-loi,
le monde à l'envers.

Seuls les démocrates sains
peuvent y changer quelque chose.


*

                                       La démocratie a tout à craindre
                                             de ceux qui bénéficient
                                                  de ses bienfaits,
                                                 sans lui apporter
                                                    aucun projet,
                                             aucun apport culturel,
                                               social ou politique.

*

L'Histoire nous l'a prouvé maintes fois : avant de commencer à changer, à renverser la vapeur, nous allons

TOUJOURS

jusqu'au bout dans l'erreur. Jamais dans lhumanisme.

*

Pour une fraction croissante de la population mondiale

subsister, simplement survivre,

est devenu un calvaire, une espèce de punition infligée par les nantis.
La démocratie devrait pouvoir y changer quelque chose


*

Contradictions mortelles :

nous exigeons la perfection de notre apparence, de nos gadgets.

Sommes-nous aussi exigeants pour notre environnement, notre alimentation, notre enseignement, notre démocratie ?


*

Certains diffusent en termes guerriers qu'il faut être le meilleur, le plus fort, sans pitié, un battant, pour écraser les autres, la concurrence.

La démocratie cherche à faire de chaque citoyen
l'égal de quiconque.

Pas un guerrier.


*


Un peu partout dans le monde, les femmes n'ont toujours pas obtenu de véritable statut d'égalité avecles hommes qu'elles mettent au monde.

La démocratie n'en a pas fini avec l'obscurantisme, la bêtise, la force imbécile.

*

Nous n'aimons pas la morale, ni les leçons en général.

Parce que nous n'avons de mémoire  
que pour ce qui concerne nos intérêts, nos plaisirs,  
notre petite sphère personnelle.

*

En l'absence d'élévation
de la conscience des individus
le civisme,
à l'instar du mot "paix",
demeurera un terme vide,
une outre creuse
au vacarme intempestif,
à l'agitation inopportune,

Parce qu'on n'y aura mis aucun sens.


*

Mépriser le vote équivaut à cracher sur la tombe des martyrs qui se sont dévoués pour qu'existe un jour la démocratie.

Pour qu'elle signifie autre chose que du mépris.

*

L'impunité fait le lit de la récidive, autant
quune justice qui ne se veut pas à la hauteur des délits.

La démocratie a pour premier devoir de ne pas tout tolérer, sous prétexte de s'attirer un maximum de sympathies.


*

Nationalisme, racisme, endoctrinement, fascisme, fanatisme, extrémisme, intégrisme sont les fomenteurs de ces mondes morts-nés qui ne laissent derrière eux que ruines  

et milliers de morts qui devaient soi disant

tout changer


*

QUICONQUE PARLE

de démocratie, de droits de l'homme, de respect de la vie, de civisme, d'écologie, de citoyenneté, de justice, de paix, de solidarité, d'humanisme, d'éducation, de fraternité, de partage, de non-violence

DOIT SE TAIRE

S'il ne pose au moins un acte quotidien en conformité avec ses paroles.


*


J-M. L. extrait de " Monologues avec variations sur un air démocratique ", Bonneville , 2006