2011
n'aura guère été un millésime digne d'être fêté, au soir du 31
décembre, que ce soit sur le plan international ou national. On
aurait plutôt eu à cœur de scander « no future » sur
l'air des bateliers de la Volga.
Et
nous n'avons aujourd'hui pas de quoi avoir plus le cœur à la joie.
L'ardoise wallonne des faillites recensées l'an dernier était
accablante, avec en prime, les pertes d'emplois y associées.
Même
si un certain nombre de faillites peuvent être évitées, notamment
grâce à la loi de 2009 sur la continuité des entreprises, la
situation va empirer en Wallonie.
A
bref délai, cette loi ne pourra endiguer la déroute de nouvelles
entreprises, entraînant dans son sillage un accroissement du
chômage, de la précarité.
L'entrée
en récession, si elle ne date pas d'hier, va poursuivre sa
croissance, qu'on se le dise, en dépit des messages gouvernementaux
qui se veulent apaisants (on sait désormais à quoi s'en tenir quant
à leur validité !). Finie la grève, oubliée la rogne, passons à
autre chose et continuons à sabrer dans le tas, se dit-on en haut
lieu...
Après
nous avoir seriné que « nous » avons à faire des
économies – tout à fait comme si le citoyen était le premier et
direct responsable du marasme économique ; tout comme si la
« dette » qu'on lui assène était la sienne propre,
voilà que du coté monarchique on se mêle de nous bêler l'air
archi-resuçé de l'unitariste qui frise une véritable lèche électoraliste dans son genre.
C'est
vraiment faire peu de cas du citoyen, que de prétendre « faire
des économies » sur son dos.
C'est mettre une Wallonie
sur la paille et lui ôter le pain de la bouche que de prétendre
augmenter l'impôt.
Car ce ne saurait en aucun cas être la crise du citoyen, mais bien celle
d'un cheptel politique, d'une Europe malades de mal gouvernance. Europe dont, peut-être, le
bien-fondé devrait être remis en cause. Citoyen qui n'a pas à payer les pots qu'il n'a pas cassés !
La
consultation populaire demandée par le député Westphael est bien
la moindre des choses que tout européen est en droit d'exiger. Mais
il s'agit d'une voix qui se perd dans le brouhaha médiatique des
tenants du pouvoir.
Pendant
ce temps il est un monarque qui nous serine, la bouille extasiée,
qu'il (nous!) faut transformer les situations de crises (en se
gardant de rappeler leurs origines!) en changement positifs.
Sans blague, voilà du neuf !
Un
vrai changement consisterait en une abdication pure et simple au
profit d'une république. Juste pour commencer. Pour alléger un
tantinet « notre » dette.
Puis
à laisser la Flandre naviguer dans les eaux qu'elle s'est choisie.
Bon voyage et bon vent, la paille au c...l et le feu dedans !
Et
ensuite offrir à la Wallonie la légitime liberté de se choisir un
nouveau destin.
Vous
avez dit une Belgique stable, Sire ? Et vous de même,
messieurs les courtisans ? Donc avec plus de récession, plus
« d'économies », plus de faillites, plus de corruptions,
plus plus de délocalisations, moins d'emplois, toujours autant de
ministres, plus de commissions, plus de chômage ? etc...
Enfin,
comme d'habitude, quoi. C'est bien ainsi que nous l'avions compris :
unis sur le même radeau pourri.
Si
certains se posent la question de savoir si la crise de 2008 a bien
eu lieu (!), c'est l'évidence : autant que les précédentes
qui, toutes, nous ont mené à vivre si joyeusement celle
d'aujourd'hui qui n'a pas plus à être supportée par les citoyens.
« Crises » qui ne sont pas qu'affaires d'argent, loin de
là, mais aussi de langue, de culture, de visions d'avenir.
Outre
des budgets, ce dont la Wallonie à AUSSI grand besoin, ce sont des
valeurs républicaines, une culture humaniste, une fierté (pas
forcément placée dans le football ou le tennis,...) ; de
femmes et d'hommes désintéressés qui osent mettre le nez des élus
du quatuor « traditionnel » dans leurs frasques, et
s'engagent dans une voie politique axée sur le démocratique partage
des patrimoines, des valeurs, des budgets et des pouvoirs.
J-M. L.
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