mercredi 1 février 2012

Ce qui fait défaut à la Wallonie



2011 n'aura guère été un millésime digne d'être fêté, au soir du 31 décembre, que ce soit sur le plan international ou national. On aurait plutôt eu à cœur de scander « no future » sur l'air des bateliers de la Volga.

Et nous n'avons aujourd'hui pas de quoi avoir plus le cœur à la joie. L'ardoise wallonne des faillites recensées l'an dernier était accablante, avec en prime, les pertes d'emplois y associées.

Même si un certain nombre de faillites peuvent être évitées, notamment grâce à la loi de 2009 sur la continuité des entreprises, la situation va empirer en Wallonie.

A bref délai, cette loi ne pourra endiguer la déroute de nouvelles entreprises, entraînant dans son sillage un accroissement du chômage, de la précarité.

L'entrée en récession, si elle ne date pas d'hier, va poursuivre sa croissance, qu'on se le dise, en dépit des messages gouvernementaux qui se veulent apaisants (on sait désormais à quoi s'en tenir quant à leur validité !). Finie la grève, oubliée la rogne, passons à autre chose et continuons à sabrer dans le tas, se dit-on en haut lieu...

Après nous avoir seriné que « nous » avons à faire des économies – tout à fait comme si le citoyen était le premier et direct responsable du marasme économique ; tout comme si la « dette » qu'on lui assène était la sienne propre, voilà que du coté monarchique on se mêle de nous bêler l'air archi-resuçé de l'unitariste qui frise une véritable lèche électoraliste dans son genre.

C'est vraiment faire peu de cas du citoyen, que de prétendre « faire des économies » sur son dos. 

C'est mettre une Wallonie sur la paille et lui ôter le pain de la bouche que de prétendre augmenter l'impôt. 

Car ce ne saurait en aucun cas être la crise du citoyen, mais bien celle d'un cheptel politique, d'une Europe malades de mal gouvernance. Europe dont, peut-être, le bien-fondé devrait être remis en cause. Citoyen qui n'a pas à payer les pots qu'il n'a pas cassés !

La consultation populaire demandée par le député Westphael est bien la moindre des choses que tout européen est en droit d'exiger. Mais il s'agit d'une voix qui se perd dans le brouhaha médiatique des tenants du pouvoir.

Pendant ce temps il est un monarque qui nous serine, la bouille extasiée, qu'il (nous!) faut transformer les situations de crises (en se gardant de rappeler leurs origines!) en changement positifs. Sans blague, voilà du neuf !

Un vrai changement consisterait en une abdication pure et simple au profit d'une république. Juste pour commencer. Pour alléger un tantinet « notre » dette.

Puis à laisser la Flandre naviguer dans les eaux qu'elle s'est choisie. Bon voyage et bon vent, la paille au c...l et le feu dedans !

Et ensuite offrir à la Wallonie la légitime liberté de se choisir un nouveau destin.

Vous avez dit une Belgique stable, Sire ? Et vous de même, messieurs les courtisans ? Donc avec plus de récession, plus « d'économies », plus de faillites, plus de corruptions, plus plus de délocalisations, moins d'emplois, toujours autant de ministres, plus de commissions, plus de chômage ? etc... 
Enfin, comme d'habitude, quoi. C'est bien ainsi que nous l'avions compris : unis sur le même radeau pourri.

Si certains se posent la question de savoir si la crise de 2008 a bien eu lieu (!), c'est l'évidence : autant que les précédentes qui, toutes, nous ont mené à vivre si joyeusement celle d'aujourd'hui qui n'a pas plus à être supportée par les citoyens. « Crises » qui ne sont pas qu'affaires d'argent, loin de là, mais aussi de langue, de culture, de visions d'avenir.

Outre des budgets, ce dont la Wallonie à AUSSI grand besoin, ce sont des valeurs républicaines, une culture humaniste, une fierté (pas forcément placée dans le football ou le tennis,...) ; de femmes et d'hommes désintéressés qui osent mettre le nez des élus du quatuor « traditionnel » dans leurs frasques, et s'engagent dans une voie politique axée sur le démocratique partage des patrimoines, des valeurs, des budgets et des pouvoirs.


                                                                                                  J-M. L.


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