mercredi 8 février 2012

Quand l'Université se désuniversalise


Comment une pensée extrémiste, de quelque bord qu'elle soit, peut-elle prétendre devenir un jour fréquentable ? Si le débat n'a pas fini de faire des vagues, c'est que la question est peut-être mal posée.

Toujours est-il qu'elle met à mal l'orgueil, la mégalomanie de certains universitaires belges qui n'adhèrent manifestement pas aux valeurs démocratiques de notre pays.

Des méthodes fascisantes, terroristes, obscurantistes, violentes n'ont d'évidence pas leur place dans un contexte national démocratique, même si celui-ci est critiquable dans bien des aspects. N'y ont pas non plus leur place en un lieu de débat, même si celui est ouvert aux monde des idées, quelles qu'elles soient.

Il n'en demeure pas moins que l'Histoire nous a généreusement abreuvé de certaines dérives philosophico-politiques et nul n'en ignore plus les conséquences. Et ce n'est certainement pas à l'Université à nous montrer le pire des exemples en la matière.

C'est pourquoi il est d'autant plus consternant d'être confronté à des actions estudiantines révélant que la haine couve toujours, fut-ce dans les lieux « éclairés » d'une pensée qui se veut d'obédience universelle.

Dans le cas présent il ne s'agit plus de chahut de potaches, mais d'incitation au conflit déclaré.

Quelles mesures vont bien pouvoir être prises envers les agitateurs dénonçant une prétendue islamophobie ? Et d'abord, la réaction de ces derniers ne met-elle pas, une fois de plus, en évidence qu'il n'y a jamais de fumée sans feu ?

Si débat il doit absolument y avoir, comment accepter que l'une des parties prenantes ne puisse opposer que la mascarade d'une bande de frustrés ?

Espérer modifier un tant soi peu les mentalités n'est évidemment envisageable qu'en usant des leçons que nous pouvons tirer du passé. Or, il apparaît clairement que certains courants idéologiques ne démordent pas d'une volonté d'annihiler tout discours élévateur de la conscience.

Tant que l'humanisme, tant que la démocratie et la volonté de dialoguer de manière constructive perdurera sur Terre, il faudra s'accommoder de la présence – et de la coexistence, de certaines différences, certains antagonismes, fussent-ils parfois dérangeants.

Ceci dit, il appartient aux promoteurs de démocratie, aux acteurs de paix, de juguler les excès de tous bords déterminés à mettre en péril des tentatives libératoires dont tout le monde tire profit. Y compris, hélas, certains indésirables.

L'intégrisme, le fondamentalisme doivent être absolument écartés de la zone démocratique, de cet espace sensible qui se veut définitivement anti-raciste.

Mais l'imposition des idées par la violence ; l'imposition de l'a-culture ; l'imposition de la barbarie et de l'irrespect des droits humains ont-ils encore sérieusement à voir avec des religions, des courants politiques qui se prétendent tournés vers un avenir serein et dont le but avéré - et idéalisé ; les messages prétendent amener les peuples à la concorde ? Sous l'imposition d'une Pensée Unique ? Certainement pas.

Il est des vérités qui dérangeront toujours. La vérité fait souvent mal. Mais il est des cas où elle ne peut plus être escamotée. Et celle qui met en évidence que le pire ne se situe certainement pas dans la démocratie mais bien dans l'ignorance et la haine doit être clamée haut et fort, plus haut et plus fort que les palabres dogmatiques d'un autre âge. Qui ont largement fait leur preuves, dans le pire.

Aussi, plus que jamais, importe-t-il, d'entrer en résistance, de nous rendre farouchement solidaires des causes pacifistes qui refusent que l'on en vienne à haïr les sociétés d'aujourd'hui, en prônant des idées passéistes, des concepts obsolètes, des projets de « purification » de notre monde moderne qui, quoi qu'on en dise, n'ouvre tout de même pas ses portes qu'à l'ivraie.

                                                                                                         J-M. L.

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